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vendredi 30 octobre 2009

Lettre à ceux qui me suivront

Nous sommes nés au vingtième siècle. C’est loin déjà, pout toi, tout ça. Nous allions à la mer pour prendre le soleil, bien avant qu’il soit interdit de sortir sans parasol. Nous mangions de la viande, oui, des animaux morts de tous poils, et nous trouvions ça bon. Elle cuisait sur le feu. Si seulement tu pouvais imaginer la saveur que ça avait, la chair tendre légèrement croustillante là où les flammes l’avaient léchée… Nous buvions de l’alcool. Nous le mélangions au jus des fruits, nous trinquions à la réussite, à l’amitié, à l’amour, à la jeunesse en fait. Nous fumions. C’était avant qu’on interdise la musique parce qu’elle était nuisible pour l’ouïe, alors nous dansions. Nous faisions l’amour, souvent. Nous n’étions pas aseptisés ; nous prenions des douches. Mais c’était avant la pénurie d’eau, nous ne sentions pas l’éthanol. Nous regardions des films à la télévision, c’était de l’art, parfois. Mais c’était avant qu’on décide que l’art était contre-productif. J’ai pleuré quand ils ont brûlé les tableaux et détruit les cathédrales, mais tu ne sais pas de quoi je parle, n’est-ce pas ? Les livres les ont suivis de près. Nous riions. La bouche ouverte. Nous pleurions aussi, parfois. Mais c’était avant qu’on décide que c’était mauvais pour le moral des autres, et que ce soit interdit. Nous voyagions. Le monde était vaste. Nous allions voir les villes sur place, pas à travers nos écrans. Mais c’était avant que les flux de personnes soient restreints pour empêcher l’immigration et que l’Europe construise son mur. Nous écrivions des lettres, mais c’était avant que nous n’ayons plus rien à nous raconter.

Lavez-vous les mains aussi souvent que possible – Pour votre santé, consommez au moins cinq fruits et légumes par jour – Toussez dans votre manche – Empruntez les escaliers plutôt que l’ascenseur – Fumer tue – Veuillez mettre votre ceinture - Ne mangez ni trop gras, ni trop salé, ni trop sucré – Veuillez ne pas parler au chauffeur – Interdit aux moins de 16 ans – Ne vous embrassez pas pour ne pas propager le virus de la grippe – Ne pas déranger – L’abus d’alcool nuit gravement à la santé – Évitez l’utilisation prolongée de cet appareil – Veuillez consulter la notice d’utilisation – Ne pas bruler ou percer après usage – Ne pas consommer après le : voir couvercle.

Where’s my freedom ?
Where’s my freedom ?
Where’s my freedom ?

lundi 12 octobre 2009

Des nouvelles pas si nouvelles que ça

Halala... chers lecteurs, comme je vous ai délaissés, toute occupée que j'étais à vivre ma vie là-bas, dehors ! J'en suis navrée (mais pas tant que ça, la vraie vie, sans clavier, c'est pas mal non plus). Mais vous m'avez manqué. Je ne sais pas si je vous ai manqué aussi, mais j'ai cru apercevoir dans mes statistiques de visites que certains d'entre vous continuaient régulièrement à passer par ici et à relire les anciens articles.

Comme j'ai pris l'habitude de vous raconter les hauts et moyens faits de ma petite existence, une petite mise à jour s'impose ; elle permettra, en outre, de vous expliquer où j'étais pendant tout ce temps.

Tout d'abord, j'en ai fini avec l'EII. J'ai terminé mon mémoire en temps et en heure, grâce à la magie des nuits blanches, seule face à mon écran plasma, à justifier de l'usage du passé simple et autres turpitudes de la langue française. Je l'ai ensuite mollement défendu devant un jury pas vraiment agressif et plutôt bienveillant, et il m'a valu un quinze, aussi surprenant soit-il. Il traîne maintenant sur les obscurs rayonnages de la bibliothèque du Pentagone de l'UMONS (mon mémoire, pas le jury), où personne n'ira jamais le consulter, et c'est presque tant mieux. Il y a ensuite eu la fameuse proclamation, dont je n'ai malheureusement pas eu le loisir de profiter comme je l'aurais voulu, car elle a surtout fait office d'acte décimatoire, comme une pantomime de corrida dans laquelle les taureaux n'avaient aucune chance de survie face à une armée de féroces matadores aux banderilles tranchantes. Seuls rescapés, Nacho, Julia et moi. Le reste de la bande reste à l'EII. Beaucoup de colère et de tristesse pour eux, avec qui nous avons tout vécu, du meilleur au pire en passant par tout le reste. Vous vaincrez les gars, j'ai foi en vous !

Ce chapitre terminé, il me fallait me mettre en quête de mon but suivant. Peut-être était-ce une forme de pédanterie de ma part, mais je me voyais bien avec un diplôme de plus. La coopération au développement et les ONG en tous genres m'intéressaient, le choix s'est donc imposé de lui-même : ce serait un master en sciences politiques. Après de très brèves démarches administratives, je me suis donc retrouvée aux Fucam en sciences-po' (comme disent les bobos), option relations internationales. Inutile de vous dire que c'est surtout ce dernier aspect qui m'a séduite. Quoiqu'il en soit, s'il est encore un peu tôt pour vous faire part de mon avis sur la chose, je suis malgré tout d'ores et déjà parvenue à certaines conclusions :

  1. Les Fucam, c'est très différent de l'EII. Par exemple, les valves électroniques fonctionnent. On y trouve son horaire, les notes de certains cours, mais aussi des messages concernant l'absence du professeur du lendemain... ça fait toujours plaisir. Du coup, impossible d'arriver à 8h15 pour apprendre qu'on s'est levé pour rien.
  2. Là, il y a des baptisés. Oui, oui. Vous savez, ces guignols un peu crados avec un chapeau ridicule qui sentent la mauvaise bière à trois kilomètres, qui évacuent la frustration de la médiocrité de leur vie en humiliant les étudiants de première année et qui vous regardent de haut ? Hé bien c'est ça. Et il y en a plein. Mais dans l'ensemble, outre l'aspect ridicule, ils ne sont pas vraiment dérangeants.
  3. Je ne me souvenais pas à quel point c'était difficile de débarquer dans un groupe déjà formé. Ha oui ! Je ne vous ai pas tout expliqué. Grâce à Bologne ou à je-ne-sais quelle intervention divine, le master en traduction donne droit à un accès direct et inconditionnel au master en sciences politiques. Je me retrouve donc dans une classe qui a déjà passé trois ans ensemble et ne paraît pas particulièrement intéressée par le fait d'intégrer les pièces rapportées, à quelques exceptions près. Les autochtones, en somme, ne fraient pas avec les étrangers. Curieuse attitude pour des gens qui s'apprêtent à travailler dans la diplomatie.
    Imaginez donc le choc pour moi, au terme de cinq ans dans une faculté où je connaissais tout le monde, où rester seule plus de dix minutes relevait de la mauvaise volonté et où il y avait toujours bien un sourire à faire à quelqu'un ou un ragot à ramasser. Mais on s'y fera... Comme Loïc le disait au début de la première année : "je ne suis pas ici pour me faire des amis, des connaissances ce sera bien suffisant" (ou pas).
Voilà en ce qui concerne l'aspect académique de ces derniers mois.

Il y a autre chose de nouveau dans ma vie, et ce n'est pas des Spécial K (vous vous souvenez de la pub ?). Je me suis dit que je ne pouvais pas continuer à critiquer les hommes sans m'en procurer un spécimen d'études à examiner de plus près. C'est donc dans une démarche toute journalistique que je me suis engagée dans une relation avec un Homo sapiens XY (la bonne excuse, vous y croyez tous, je suis sûre). Hé bien j'ai appris plein de trucs surprenants. Par exemple, certains d'entre eux n'aiment pas le foot. Si, si. Certains lisent (des LIVRES ! Pas des magazines !), ne se plaignent pas continuellement quand on les emmène dans les magasins, écoutent quand on leur parle et font attention aux détails (souvent même plus que moi, je dois commencer à faire gaffe au vernis à ongles que je porte, parce que LUI il le voit). Par contre, vérité universelle s'il en est, l'Homme a la flemme dans la cuisine et est persuadé qu'une mitraillette constitue effectivement un vrai repas. Je vous livrerai une étude plus approfondie plus tard (sauf si l'Homme tombe là-dessus et me menace de manger mon stock de chocolat à la figue en représailles).

Sinon, j'ai pensé à changer le titre de mon blog, me disant que "Lost in Traducción", c'était bien joli, mais que comme on m'avait filé mon diplôme, c'en était terminé. Et puis, si quelqu'un a jugé que je le méritais, c'était que je ne devais pas être si "Lost" que ça. Mais au final, comme je fais encore des traductions et que sur une échelle de définition de ma personne, "l'art" de la traduc' est tout de même en bonne place (échelle de définition de bibi : Être humain > Jeune > Femme > Européenne > Traductrice > Dilettante > Blonde > Étudiante), j'ai décidé de le garder.

Et vous les gens ? Comment va la vie ?

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Top 5 des trucs à manger un lendemain de veille quand on se lève à midi moins-le-quart :

  1. Un bon gros menu BigMac. Oui, je sais, soutenir une multinationale américaine en mangeant des OGM, c'est très mal. Oui, c'est cher pour ce que c'est. Oui, c'est que du gras et ça te tombe direct sur les hanches et tu vas souffrir toute ta vie pour perdre ces graisses-là. D'accord. Mais laisse-moi dire brol ! C'est bon et puis c'est tout (sans lien avec ma réflexion sur les hommes et les mitraillettes, ok ?).
  2. Un couscous. Parce qu'il n'y a pas d'heure ni de jour pour manger un couscous. C'est plein de légumes, en plus, et ça cale vachement bien. Après, une bonne sieste, et on est tout de suite plus en paix avec le monde. Si vous n'avez pas le temps de vous taper Charleroi pour aller manger l'excellent couscous du resto Le Maghreb, je vous recommande La Petite Couscoussière à Mons. L'équipe est sympa, et l'agneau à se damner.
  3. Un monstrueux sandwich au filet américain. Avec des petits oignons et de la mayo. Laura est capable, en temps normal, d'avaler une baguette entière avec une barquette de filet américain, et pourtant, c'est pas qu'elle ait faim. Donc, ma conclusion est : ça se mange sans faim. Na.
  4. Une pizza. Quatre saisons de préférence. Avec de l'huile piquante c'est mieux. Chez Pizarella, pas chez Domino's. Une pizza, j'ai dit.
  5. Un camembert au four. Bon, forcément, il faut aimer le camembert. Et avoir un four. Une fois ces deux étapes passées, on ouvre la boîte de camembert (en bois, pas en carton hein!), on incise le fromage avec un couteau, on poivre, on verse une petite lampée du vin blanc qui traîne au frigo et on laisse cuire jusqu'à ce que l'intérieur soit bien liquide. Puis on ouvre les fenêtres quand on a fini de manger, et on se lave les cheveux.

samedi 13 juin 2009

Je ne suis pas écolo, mais...



Gros coup de coeur pour Le Mystère des Voix Bulgares, grâce à Nacho. Merci !

"Je ne suis pas écolo, mais...", ça sonne un peu comme ces gens qui disent qu'ils ne sont pas racistes, mais qu'ils n'aiment pas les arabes. Il auraient aussi vite fait de dire qu'ils le sont, on gagnerait du temps. Sauf que moi, je ne suis pas écolo. Je ne sais pas comment c'est chez vous, mais chez moi, écolo ça veut d'office dire Ikéa, Catho, Décathlon. Notez qu'il y en a des bien, des Ikea-Catho-Décathlon, le genre qui portent un coupe-vent Quetchua, qui envoient leurs enfants au Patro, qui sont probablement profs et qui trient leurs déchets. J'ai rien contre eux.

Mais moi, pour tout vous dire, je ne suis pas spécialement écolo. Je veux dire que je ne voterais pas pour le parti des verts. Sinon, je trie mes déchets, le "NON" que je lance à la caissière quand elle essaie de me refiler un sac en plastique la dissuade de recommencer pour les années à venir, je me balade toujours avec un sac en toile en cas de shopping imprévu, je ne jette pas mes déchets par terre et je ferme le robinet quand je me brosse les dents. "C'est bien," me direz-vous comme on dit aux petits enfants qui vous amènent leurs déjections dans leurs petites mains pour que vous constatiez qu'ils sont parvenus à accomplir ce miracle qu'est le caca-dans-le-pot-c'est-très-bien-mon-chéri. Bref, si je suis capable d'accomplir ces petits gestes au quotidien (à savoir le tri, suivez un peu), et que l'avenir de la planète me préoccupe, il n'en reste pas moins que je ne voterais pas écolo. D'abord parce qu'ils sont bien gentils, mais au lieu de taxer les sacs poubelles comme des dingues pour dissuader les gens de jeter leurs immondices (on en fait quoi alors ?), ils feraient aussi bien d'opter pour la distribution de poubelles solides qu'on n'aurait qu'à déverser dans le camion (comme en France). Exit les sacs, ça au moins ce serait une mesure écologique.

Vous me direz, elle pète un plomb la Justine à nous parler de crottes et de poubelles. Que nenni ! Je me faisais juste la réflexion que les divers partis de droite, de gauche et de centre ont une fois de plus loupé le coche en ne se décidant pas tous une bonne fois pour toutes à intégrer des mesures écologiques dans leurs programmes. Pourtant, je me souviens très bien avoir vu ce bon Elio sur son vélo pendant la campagne, faisant fièrement le tour de la Grand Place de Mons. Était-ce une décision de se remettre en forme ou une image qu'il voulait donner, je n'en sais rien, mais une chose est sûre : lui, il va chez Décathlon.

dimanche 17 mai 2009

Il paraît...

"I accept chaos, I'm not sure whether it accepts me."
Bob Dylan

Il paraît qu'il y a des gens qui n'aiment pas Bob Dylan. Si, si. Je ne sais pas pourquoi, parce que finalement Dylan fait partie des rares chanteurs vraiment intelligents qui soient faciles à écouter. Ça me fait penser que tu devrais voir "I'm not there". D'abord parce que même si tu n'aimes pas la Folk, tu aimes forcément le bon cinéma. Et ça, c'est de l'excellent cinéma. On a Ben Wishaw qui joue Arthur Rimbaud, et qui malgré sa gueule pas facile en est d'une beauté à mourir, Cate Blanchett, qui, aussi talentueuse soit-elle, arrive encore à nous surprendre et à nous couper le souffle (bon, j'admets, je suis ultra cliente de tout ce qu'elle fait), Richard Gere dans un bon rôle (et ça faisait longtemps), à savoir un Billy the Kid vieillissant. Tous ces personnages sont bien entendu des allégories, mais je te laisse découvrir ça par toi-même. Et pour bien enfoncer le clou, il y a aussi Christian Bale, Heath Ledger, Charlotte Gainsbourg, Michelle Williams... Que des bons, je te dis. Mais si un bon casting faisait un bon film, ça se saurait, donc il n'y a pas que ça. La vision du réalisateur est hallucinante, et il a eu une bonne idée. Parce qu'un film, un livre, une chanson, c'est avant tout une bonne idée. On sort des cadres classiques du biopic, et c'est prenant de bout en bout, même si ça dépeint un Bob Dylan qu'on n'a pas forcément envie de voir. Je ne te parle même pas de la photographie, de la lumière, de la bande sonore, du message. Parfois on voit quelque chose de beau et on reste là, bêtement, la bouche ouverte. Vois-le.




Quelqu'un sait comment centrer le lecteur Deezer sans bousiller tout le script ?

Il paraît que j'ai horreur de l'art moderne, d'ailleurs je n'y comprends rien et je ne suis pas certaine de pouvoir le distinguer de l'art contemporain. Mais je viens de me prendre ma première claque grâce à Jackson Pollock. Je suppose que ce tableau est ultra connu pour la plupart d'entre vous, mais moi, je découvre.

N°7, 1951
(chez abstrac-art.com, grandfathers & influences gallery)


Il paraît que la vie est faite de rencontres. Parfois le vendredi soir, dans un bar, on peut croiser un spécialiste canadien de la littérature slave et courtier en livres anciens qui écrit un roman en retapant une vieille baraque, un fan de Brel, tellement fan qu'il chante ses chansons sur scène et commence la conversation par la question "Vous aimez Brel ?" avant de savoir s'il va continuer à te parler, une espagnole un peu éméchée, tellement touchante que tu n'as pas d'autre choix que de l'aimer, un patron de bar philosophe qui a une opinion sur la censure au dix-neuvième siècle.

Il paraît que rien ne sert à rien, qu'il n'y a plus rien à faire et que tout est perdu. Il paraît. J'appartiens à une génération qui considère qu'elle n'a plus de combats à mener. Nous vivons encore dans l'ombre des révolutions sociales et considérons l'Histoire avec beaucoup de déférence parce que nous oublions d'en retirer la seule leçon qui vaille : ne pas répéter les erreurs du passé. Nous nous enlisons dans le marasme parce que nous sommes incapables de nous rendre compte que nous assistons, que nous participons au déclin de notre civilisation sans agir. Nous sommes devenus les rôles secondaires de nos propres vies. Quelqu'un me disait hier que tout débat était devenu stérile. Et si je comprends son point de vue, il m'est impossible de m'y rallier. Parce que tant qu'il y aura des gens pour se poser des questions, des gens qui ne seront pas d'accord avec la pensée unique, des gens qui auront des convictions, tout ne sera pas perdu. Nous partons battus d'avance, et nous avons tort. Il y a encore des livres. Il y a encore une réflexion. Et il y a encore de l'espoir. Et si le monde est en train de s'écrouler, si le changement climatique qui nous guète doit tous nous emporter, si la crise économique doit bouleverser tout ce que nous connaissons, si le taux de fécondité doit s'effondrer, si on doit perdre ce combat contre nous-mêmes, je propose que nous y allions comme une espèce qui se tient debout sur ses deux pieds et qui sait que même si tout est perdu, elle aura la dignité de ne pas oublier tout ce en quoi elle a cru.

Il paraît que notre siècle n'a plus d'icones, de héros. Aung San Suu Kyi, ça c'est une héroïne de notre siècle. Ha, bien sûr, quand on n'a pas la bonne idée de mourir jeune et beau comme le Che, on a tout de suite moins d'importance. Tu ne t'es jamais demandé pourquoi les foules admiraient le Che et pas Fidel Castro ? C'est pour ça. Mais cette femme-là, elle incarne l'espoir pour bien des gens et, malgré l'indifférence générale de la sacro-sainte communauté internationale, bien assise sur son énorme cul consensuel, elle parviendra, d'une façon où d'une autre, à faire entendre sa voix. Si je vous en parle, c'est parce que le gouvernement birman vient encore de mettre sur pied une manipulation grossière pour reconduire son assignation à résidence, qui devait expirer le 27 mai. Mais 2010 devrait être l'année des élections, alors la junte ne peut pas se permettre de voir la dirigeante de l'oposition dans la rue.


Tiens, lecteur, tu cliques parfois sur les liens ou ça ne sert à rien ce que je fais ? T'aimes Bob Dylan toi ? T'as des héros ? Tu comprends l'art abstrait ? Et la chaise sur laquelle t'es assis(e), elle se trouve où ? Comment t'es arrivé ici ?

jeudi 7 mai 2009

La revue de presse du jour

Parfois, je me demande ce qui cloche en ce bas monde, et d'autres fois, je ne parviens même plus à me poser de question parce que la consternation est tellement énorme que je préfère penser qu'il n'y a pas d'explication, que l'existence est chaotique et qu'on ne peut blâmer personne. En jetant un oeil à la presse du jour, je me suis trouvée dans le second état d'esprit.

La Radio Nacional Española, comme beaucoup de radios, met en ligne ses émissions quotidiennes, disponibles en podcast. C'est tout à leur honneur, j'en conviens. Ce qui m'ennuie, c'est le choix de leurs émissions culturelles. Aujourd'hui plus encore. Parmi les divers programmes, c'est "Música francesa" qui a retenu mon attention. Le principe, c'est de présenter un ou des artistes francophones au public espagnol, ce qui est tout à fait louable, mais ça n'excuse pas tout. L'artiste du jour est Kate Ryan. Oui, oui. Kate Ryan. Et d'y aller d'extraits de ses deux chansons, qui sont tout de même des reprises d'artistes au talent incommensurable comme Mylène Farmer et Desirless. Je me demande VRAIMENT si c'est une bonne idée de donner aux espagnols cette image de la culture française. Pour ceux qui pigent la langue de Cervantes, vous trouverez ce moment de bravoure radiophonique ici.

Nos voisins britanniques, quant à eux, sont des petits rigolos. La version numérique du pourtant très sérieux Télégraph nous invite à l'évasion par le biais de son article sur les avantages de la crise en matière de voyages. En effet, selon eux, ce serait la meilleure période pour réserver une croisière. Chouette, me dis-je, enfin un aspect positif à cette foutue crise. Oui, MAIS allez savoir par quelle inspiration malsaine le maquettiste a eu la bonne idée de choisir cette image pour illustrer le propos de l'auteur, mais toujours est-il que la photo jointe à l'article montre un ours blanc solitaire errant sur un pauvre bout de banquise avec un bateau de croisière à l'arrière-plan. Alors James, on a confondu avec la rubrique écologique ou on essaie de faire passer un message ?

En France, ça ne rigole plus. Libération fait des jeux de mots pourris, dignes d'un lundi matin au cendrier de l'EII, je vous laisse seuls juges : Orléans, les matons mécontents d'être matés sont remontés" et ils PAIENT quelqu'un pour trouver ça, chapeau. Dans le Monde, le député Dupont-Aignan réclame à corps et à cris la suppression de la Commission européenne. Rien que ça (et le retour à l'éclairage au pétrole, non ? Ou l'abolition de la péniciline ?). Dans le Nouvel Obs, le PDG de Métrobus explique très sérieusement pourquoi il a fait coller des autocollants sur la pipe de Jacques Tati sur les affiches du film qui raconte sa vie. Oui, fumer c'est mal, mais enfin, une pipe, c'est une pipe, et Tati fumait. Mais bouuuuh, c'est mal.

Notre bonne vieille RTBF n'est pas en reste. Enfin, là, c'est le fond de l'article qui fait peur. Vous savez sans doute à quel point le thème de la censure me tient à coeur et quelle adversaire je suis de l'intervention de la morale dans l'art. Mais là, c'est trop. Voyez vous-même. Et pour ceux qui préfèrent les images, voici la vidéo sur le site de Die Welt (en allemand, d'accord, mais les mots ne sont pas tout-à-fait nécessaires en certaines circonstances).

Alors on fait quoi de tout ça ?