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dimanche 13 décembre 2009

Je m'prends des claques...

... mais comme ce sont des claques culturelles et artistiques, ça ne fait pas vraiment mal, ça fait même plutôt plaisir.

D'abord, le concert de Claire Diterzi à Valenciennes. Vous me direz, Valenciennes, c'est pas super top comme ville. Hé bien, détrompez-vous... Comme toutes les grandes villes des régions fracturées, Valenciennes fait de gros efforts pour développer la culture intra-muros. Bref, le Phénix dispose d'une salle de concert somme toute assez sympatoche, où j'ai eu l'occasion de voir la dame Diterzi en compagnie de l'Homme et de Neil (c'est moi qui étais en leur compagnie, pas Claire Diterzi, évidemment). Et ça a été une bonne claque. Enfin, personnellement, vous l'aurez compris à travers les articles précédents : je suis fan, - et donc même si elle avait chanté "Frère Jacques" en boucle et en Quechua, j'aurais adoré. Elle est pleine de pep's, soutenue vocalement par deux choristes époustouflantes, sautille d'un coin à l'autre de la scène sur ses talons de douze centimètres de haut, et joue avec le public. Elle a bien sûr chanté toutes les chansons de l'album "Tableau de Chasse", mais aussi quelques chansons plus anciennes de même que deux chansons qu'elle a écrites pour la B.O. du film "Requiem for Billy the Kid". Soyons clairs : cette chanteuse a une voix qui te file la chair de poule, des textes tantôt graves, tantôt drôles, mais toujours pertinents, des harmonies vocales à faire pâlir de jalousie les Voix Bulgares, et en plus elle a un certain charme déstabilisant. Bref, c'est LA femme qu'on adorerait détester. Mais, et il y a un MAIS, elle est super sympa, en plus. Nous avons eu l'occasion de la rencontrer au détour d'un escalier à la fin du concert, et elle s'est montrée très disponible malgré sa grosse fatigue manifeste. Un très bon concert, donc.

Ensuite, une très bonne surprise, qui s'est manifestée sous les traits des trois clochards alcooliques et philosophes d' Under, une pièce du dramaturge suédois Lars Norén, qui était jouée au Théâtre des Tanneurs. Pendant toute la pièce, on oscille entre absurde et drame absolu, misère inexorable et dénuée de sens dans laquelle les personnages se débattent tant bien que mal sans aucun espoir de garder la tête hors de l'eau. Tout y passe, de la religion au sens de l'existence, des gens qui passent et ferment les yeux, aux livres que l'on ne comprend pas. C'est un peu comme un "En attendant Godot", où l'on attend plus personne. Ce que je n'ai pas tout à fait compris, c'est la raison pour laquelle certains membres de l'assemblée riaient franchement à certains passages. Quand un SDF se débat dans son grand manteau parce qu'il ne parvient pas à se couvrir à la fois les pieds et les épaules pour dormir dans la rue, personnellement, ça ne me fait pas rire du tout, ça m'attriste plutôt beaucoup. Mais je crois qu'une partie du public associe systématiquement "absurde" à "comique", ce qui constitue toujours une grave erreur. À noter que l'adaptation française a été faite par Sabine Vandermissen, une traductrice belge et ancienne de l'EII, qui a relevé le défi improbable de faire passer des jeux de mots du suédois au français. Un grand coup de chapeau à elle, en tous cas, et aux comédiens qui m'ont arrachée des larmes, cela va de soi.

Photo : © Didier Payen,


Et tant qu'on est dans une bonne série, je ne peux que saluer le TRÈS brillant film de Radu Mihaileanu, "Le Concert". Pour vous donner une idée, je n'avais plus été aussi touchée par un film depuis "Good Bye Lenin !" (qui au passage sera projeté ce mardi au cinéma Plaza Art). J'ai littéralement sangloté pendant le solo final. C'est beau de bout en bout. La photographie est magnifique, les personnages plus touchants les uns que les autres, le scénario juste-ce-qu'il-faut-tiré-par-les-cheveux, la musique, bien évidemment au delà de tout ce qu'on peut imaginer, le jeu des comédiens juste et émouvant ; je ne peux donc que vous recommander de vous précipiter pour le voir. Mention spéciale à Mélanie Laurent, actrice que je ne pouvais pas encadrer jusque là et qui m'a définitivement acquise à sa cause pour le coup. Un film magnifique, tout en mesure et en démesure, du cinéma comme on regrette de ne pas en voir plus souvent. C'est mon coup de cœur de cette année, vous l'aurez compris.

J'espère, en conclusion, que 2010 sera à l'image de la fin d'année 2009, à savoir pleine de bonnes surprises et d'émotions. J'aurais aimé vous gratifier d'une réflexion profonde sur les bienfaits de l'art sur la vie de tous les jours, et les petits bonheurs que nous apporte la culture pour moins de dix euros, mais je crois que vous vous serez rendus compte de ces évidences par vous-mêmes. Il ne tient finalement qu'à se rappeler de temps en temps que les livres que certains se donnent la peine d'écrire, les morceaux de musique qui s'enchaînent, les dialogues de pièces qui rebondissent, les musées qui vous ouvrent leurs portes, les films dont on se souvient pendant longtemps et les conversations qui nous tiennent en haleine font partie de ces petites choses qui rendent la vie un peu plus légère. Ainsi, je vous souhaite de vous construire de vos petites mains une vie légère, légère...

vendredi 31 juillet 2009

Mise à jour

Bonjour/bonsoir chers vous,

Je sais, ça fait un moment que je ne vous ai pas écrit, j'en ai conscience et je me flagellerai avec un céleri en récitant les vertus théologales par ordre alphabétique et en latin dès que j'en aurai le temps, mais pour l'instant l'intégralité de ma cervelle est dédiée au sacro-saint mémoire. Cependant, ces quelques lignes pour vous dire que :

- Vous ne pouvez pas continuer à vivre sans avoir vu cette vidéo, elle vous est absolument nécessaire

C'est Neil qui me l'a montrée, merci à lui.
Ha ! Pour les incultes (bien que je doute sincèrement qu'il y en ait parmi vous), il s'agit de Jeff Buckley, qui enregistre "Grace". Et ce qui tue sa race (oui, oui) c'est le fait qu'il ne s'agisse que d'une seule prise, ce qui nous permet de juger l'incroyable performance vocale de l'artiste.

Parlant du bonhomme, mon CD de chevet est justement "So Real : Songs from Jeff Buckley", que je vous recommande vivement, et sur lequel je déplore juste l'absence de "Lilac Wine", mais ce n'est pas très grave, parce que ce morceau se trouve sur le DVD qui accompagne l'album. Ce qui fait que je vous en recommande vivement l'achat parce que a) avec tout ce que vous téléchargez à longueur d'année, vous pouvez investir 16,50 € dans un CD tous les six mois ; b) c'est un bel objet ; c) c'est bon pour vos oreilles et votre esprit ; d) c'est ça en moins que vous investirez en bières et autres cigarettes, tout-à-fait nuisibles pour votre petite santé. Merci qui ? Merci Justine. (Et Jeff, un peu aussi).




- Comme j'ai appris il y a peu que le 5 mars 2010 sortait le nouveau Tim Burton avec... roulements de tambour... Johnny Depp et Helena Bonham Carter (comment ça "sans surprise"?), je ne vous cache pas que je suis pour l'occasion excitée comme une couque, puisque le thème du film n'est autre qu'Alice au Pays des Merveilles. Et ça, c'est ce que j'appelle une bonne nouvelle. Du coup, je relis les bouquins de Lewis Carroll (en anglais, s'il-vous-plaît!) et je dois bien vous avouer que c'est très, très, très barré. Vraiment. Je ne me souvenais pas que c'était à ce point-là. Si vous voulez avoir une idée de ce à quoi ressemblerait le monde si on prenait tous du LSD, n'hésitez pas à les lire. Ceci dit, j'adore Alice. Enfin, j'adore son univers, ce monde où absolument tout, et surtout (il faut bien l'avouer!) n'importe quoi est possible, parce qu'elle, au fond, c'est une petite je-sais-tout à la limite du supportable, mais les autres personnages sont vraiment fun, surtout dans leurs modes de communication. Une petite préférence tout de même pour le Chat Cheschire.

Le trailer :


mardi 9 juin 2009

Mes collocs

Mes collocs sont trop, parfois...

Tout-à-l'heure, en partant faire des courses, quand j'ai demandé à mes collocs qui ont tout de même respectivement 25 et 26 ans s'ils n'avaient besoin de rien de spécial, ils m'ont répondu "des bonbons". Il y en a un qui voulait des fraises Haribo et l'autre des Chupa Chups. Ils sont trop, je vous dis.

dimanche 7 juin 2009

Des nouvelles de la bucket list


4. Faire un vol en avion de tourisme - ça, c'est fait, dans un TB 10 (Tobago) de la Socata, immatriculé OO-MOB (à prononcer Oscar-Oscar-Mike-Oscar-Bravo, aviation oblige).


Je ne dis pas que je le referais tous les jours, mais c'est déjà ça de fait, et honnêtement, je n'ai pas paniqué et j'ai eu moins peur que quand il faut prendre un Airbus. (mais bon, si jamais vous posez a question à Laura, elle vous dira que dans mon cas, c'est difficile de faire pire). Je recommencerais bien, pour tout vous dire. En progrès, donc. Le prochain vol ? Mmm...J'aimerais bien tenter l'hélicoptère, ou le Diamond DA42 Twin Star. Quelqu'un a un filon ?

lundi 4 mai 2009

Bucket lists

Avec les nanas (Julia et Laura), nous avons fait notre bucket list. "Mais, oh Justine, dans ton immense sagesse et ton inénarrable grandeur d'âme, nous expliqueras-tu ce qu'est une bucket list ?", me direz-vous, et vous aurez bien raison. Une bucket list, c'est une liste des choses qu'on veut faire avant de mourir. Autrement dit, une série de choses bien déterminées que l'on veut accomplir dans sa vie.

Nous avions fixé le nombre de ces choses à cinquante. Bon, en les relisant, je me rends compte que ça va s'avérer plutôt compliqué pour certaines d'entre elles, mais après tout, rien n'est impossible. Le tout, c'est de s'y mettre, et avec une liste, c'est peut-être plus facile...



  1. Écrire un roman
  2. Voir l'Extase de sainte Thérèse de Bernini à Santa Maria della Vittoria - et pleurer toutes les larmes de mon corps en conséquence, naturellement
  3. Me faire tatouer - un perroquet, dans le dos, une fois diplomée Fait le 07/08/10
  4. Faire un vol en avion de tourisme Fait le 06/06/09
  5. Tomber follement et irrémédiablement amoureuse
  6. Prendre le Transsibérien
  7. Apprendre à danser le tango
  8. Assister à un opéra classique
  9. Marcher dans le désert
  10. Conduire une Porsche
  11. Réussir à faire du caramel
  12. Faire du bénévolat
  13. Porter une robe de mariée
  14. Tenir un journal pendant toute une année
  15. Embrasser quelqu'un sous la pluie Fait le 19/08/09
  16. Arrêter de fumer
  17. Perdre un peu de poids, pour voir ce que ça donne
  18. Voir une aurore boréale
  19. Avoir mon nom dans le journal
  20. Porter un diamant
  21. Apprendre "Ode to a Nightingale" de Keats par coeur
  22. Écrire un long essai sur l'immoralité dans l'art
  23. Finir "Cien años de Soledad" de García Márquez
  24. Voir tous les films de Bogart
  25. Poser nue
  26. Entretenir une vraie correspondance épistolaire avec quelqu'un
  27. Apprendre l'italien
  28. Obtenir un master
  29. Réussir à garder une plante en vie
  30. Participer à un grand carnaval (Rio, Venise, pas Binche)
  31. Prendre un bain de champagne
  32. Voir Michel Sardou en concert
  33. Peindre une grande fresque
  34. Avoir un filleul qui s'appelle Elvis
  35. M'inscrire comme donneuse d'organes
  36. Retourner à Las Palmas
  37. Plumer un poulet
  38. Aller à Malte
  39. Trouver l'endroit où on fabrique les bouchons de tubes de dentifrice et le visiter
  40. Apprendre à faire du vrai bon thé marocain
  41. Marcher avec des talons comme Rita Hayworth
  42. Voir les momies de Palerme
  43. Écrire à Bill Bryson, Isabel Allende, Alessandro Baricco et obtenir une réponse
  44. Jouer au jeu d'Éleusis - pour ceux qui se demandent, c'est ça
  45. Guider une visite de musée ou d'une expo
  46. Jeûner pendant trois jours
  47. Faire l'amour à Ostende
  48. Enseigner quelque chose à quelqu'un
  49. Visiter un château "hanté" - mais pas trop, de jour, et en groupe
  50. Devenir une lève-tôt qui aime vraiment le matin

Et vous ? Vous en avez une ? Peut-être serait-il temps d'y penser...

Celle de Sarah : ici
Celle d'Aly :

vendredi 10 avril 2009

Un monde parfait VS Le monde réel (I)


lundi 30 mars 2009

Petit résumé

Je me plains toujours de ne pas avoir de vie sociale, donc quand il m'arrive de sortir de ma tanière, autant vous en faire part, bien que j'aie la sensation d'avoir en fait croisé la très grande majorité de ceux qui liront ceci lors des activités dont je vais vous parler.

Alors, ça a commencé très fort mercredi avec l'anniversaire de l'ami Diego, qui, égal à lui-même, a courageusement bu tout ce qu'on lui a offert, et, pour sacrifier à une bien vieille habitude déjà, a enlevé ses vêtements. Personne n'a été vraiment surpris, après tout, on le connaît, notre Diego. Une petite soirée bien sympathique au demeurant.

Maxine, Diego, Farid, Baf, Nadia, Laura, Bibi, Masha et Maxime/Annick


Jeudi, c'était slam. Enfin, si je voulais être complète, je dirais que c'était la scène slam de poésie de la Maison Folie, mais c'est un peu long. Il y a eu de bonnes choses, des choses surprenantes et des trucs marrants. Certains slammeurs (un "m", deux?) sont très très forts pour galvaniser le public et le tenir en haleine jusqu'au bout. J'ai été très impressionnée par une toute petite bonne femme avec des cheveux orange qui a le chic pour émouvoir les gens dès qu'elle ouvre la bouche, entre autres. Il y a beaucoup de talent là-dedans et ça donne confiance en... en je ne sais pas trop quoi, d'ailleurs, mais quand on sort de là on a l'impression que tout est possible et les mots se répercutent sur les parois de la boîte crânienne, si vous voyez ce que je veux dire.

Vendredi, c'était le bal académique. Principe de toutes les soirées de ce genre, tout le monde est tiré à quatre épingles, certains sont même allés chez le coiffeur (mais pas moi, avantage des cheveux courts), on a sorti les talons hauts. Au bout de trois quarts d'heure, tout le monde a laissé tomber le masque de la civilisation et on parle franchement de positions du kamasutra par dessus les assiettes de gambas. Ou alors c'était juste à notre table ? Bref, j'ai quand même fini la soirée à pieds nus, parce qu'ils ne sont heureux que comme ça et que les escarpins ça leur fait mal. Voilà qui a néanmoins été l'occasion (le bal, pas les pieds nus, hein!) de faire plus ample connaissance avec des gens, certains très gentils, d'autres très touchants.

Avec Loïc, au bal.


Samedi, Earth Hour. Le projet lancé par le WWF avait pour but d'encourager un maximum de personnes à éteindre la lumière de 20h30 à 21h30 ce samedi, histoire de laisser la planète "respirer" et de prendre conscience de l'énergie épargnée. Je ne sais pas combien de millions de personnes l'ont fait, mais j'en faisais partie, parce que plus qu'un geste de conscientisation, c'était aussi l'occasion de faire partie de quelque chose de "plus grand" que soi. Relisez John Donne, vous comprendrez.

Ha ! Autre chose : je ne sais pas si c'est parce que j'ai lu Down Under au semestre passé que j'y fais plus attention, si c'est une rupture du continuum espace-temps ou un alignement favorable des planètes, mais il me semble que tout tourne autour de l'Australie ces temps-ci. D'abord l'Earth Hour qui avait été lancée à Sidney, puis Augie March, puis Natalie Imbruglia.

Je m'explique : Augie March, c'est un groupe australien qui a sorti une très jolie chanson, One Crowded Hour, que j'écoute en boucle. J'attends leur album, il doit arriver incessamment sous peu. C'est aussi la BO de cette fameuse vidéo du WWF. One Crowded Hour entre donc dans mon top 5 des chansons-dont-j'ignore-le-genre-mais-écrites-par-un-mec-qui-raconte-une-histoire-sur-fond-de-guitare (ha, "Folk", ça s'appelle ?), à savoir :

1- Hallelujah, la version de Jeff Buckley, même si c'est Leonard Cohen qui l'a écrite, y'a pas photo.
2- American Pie, de Don McLean, et pas la version pourave de Madonna.
3- One Crowded Hour, d'Augie March, donc.
4- The Boxer, de Simon and Garfunkel.
5- The Times They are a-Changin de Bob Dylan.

Quant à Natalie Imbruglia, en général, je dois vous avouer que ce genre de femme m'horripile. Vous savez, le genre de petits machins qui minaudent un "Tu veux pas m'ouvrir le bocal, j'y arrive pas ?" ("Utilise une cuillère à café pour faire un appel d'air, connasse"), avec leur air de petite chose fragile. Mais elle, je l'aime bien. J'ai remis la main sur sa compilation de singles et j'adore. C'est mignon, c'est plein de punch, des petites mélodies bien sympa, ça s'écoute sans fin. À écouter : ça.

Sinon, ce weekend, j'ai peint un peu, des petites choses, de petites illustrations, rien de bien intéressant, mais dans le genre activité purement égoïste, ça m'a fait du bien.

Mes gribouillis

mardi 17 mars 2009

La cuisine et moi




Non, non, vous ne rêvez pas, vous ne venez pas d'atterrir sur un blog de bobonne qui partage ses recettes et ses modèles de tricot, vous êtes bien sur le mien. Ceci dit, si c'est ce que vous avez crû, ce n'est peut-être pas si loin du compte que ça, sauf pour le tricot. Quant aux recettes, je peux difficilement prétendre à les partager parce qu'en fin de compte, je n'en ai pas une seule.

Je cuisine donc, comme les plus perspicaces d'entre vous s'en seront sans doute rendus compte. Ce n'est pas que je puisse rivaliser avec le chef de la première gargote venue, mais personne n'a jamais été malade, et certains se sont même resservis. Notez bien que là, c'est ma modestie qui parle, parce que si je voulais être parfaitement honnête, je vous confesserais qu'on ne tarit pas d'éloges sur mes petits plats et qu'ils sont aussi bien un piège à garçons qu'un piège à Laura (tout ça sans mentionner la fois où Loïc a éloigné tout le monde du barbecue pour manger mes brochettes de gamabas marinée à même la braise au péril de ses poils de nez). Voilà qui est dit.

Tout ça pour dire qu'aujourd'hui, j'ai cuisiné, et j'ai tenté les empanadillas. Or, comme je vous le disais, je ne suis jamais la recette, parce que je ne mesure jamais rien et que de toutes façons les proportions qu'on y propose sont bien souvent absurdes. Si je voulais jouer avec des petites balances et des récipients gradués, je ferais de la chimie. Mais pour une fois, j'avais décidé de suivre les indications d'un livre de cuisine qui ne m'avait pas l'air si mal foutu que ça. Je m'étais donc fiée à la liste d'ingrédients pour les courses, et me voilà face à face avec mon plan de travail, les yeux dans les yeux avec la bouteille d'huile d'olive (extra vergine, première pression à froid arrivée direct de Sicile dans le coffre d'un Renaud Sénic, s'il-vous-plaît !), prête à suivre scrupuleusement les directives. Mais non. Tout ça c'était sans compter sur la loi de la vexation universelle. Forcément, le jour où je décide, pour la première fois de ma vie de suivre une recette, celle-ci est incomplète. En gros, on me disait comment faire la pâte et comment faire la farce. Puis plus rien, l'auteur concluait sur un joyeux "bon appétit!". Ha ouais ? Et j'en fais quoi de tout ça après, guignol ?

Bon, d'un autre côté, je ne suis pas débile non plus, je me doutais bien qu'à un moment ou à un autre, il faudrait bien mettre la farce dans la pâte, et qu'il n'y avait pas trente-six façons de le faire : le problème n'était pas là. L'ennui, c'était surtout qu'on ne me donnait ni le temps de cuisson, ni la température. Et ça je déteste. Vraiment. Tout comme j'ai horreur qu'on me contrarie, j'ai horreur qu'on se foute de ma gueule. Pendant un instant, j'ai sérieusement songé à écrire une lettre d'insultes à l'éditeur, mais je ne peux tout de même pas passer ma vie à écrire des lettres d'insultes. J'ai donc de décidé que je ferais exactement ce je fais d'habitude : à l'heure de les cuire, j'improviserai. Et ceux que ça intéresse, je pourrai toujours leur dire si c'était bon.