D'abord, le concert de Claire Diterzi à Valenciennes. Vous me direz, Valenciennes, c'est pas super top comme ville. Hé bien, détrompez-vous... Comme toutes les grandes villes des régions fracturées, Valenciennes fait de gros efforts pour développer la culture intra-muros. Bref, le Phénix dispose d'une salle de concert somme toute assez sympatoche, où j'ai eu l'occasion de voir la dame Diterzi en compagnie de l'Homme et de Neil (c'est moi qui étais en leur compagnie, pas Claire Diterzi, évidemment). Et ça a été une bonne claque. Enfin, personnellement, vous l'aurez compris à travers les articles précédents : je suis fan, - et donc même si elle avait chanté "Frère Jacques" en boucle et en Quechua, j'aurais adoré. Elle est pleine de pep's, soutenue vocalement par deux choristes époustouflantes, sautille d'un coin à l'autre de la scène sur ses talons de douze centimètres de haut, et joue avec le public. Elle a bien sûr chanté toutes les chansons de l'album "Tableau de Chasse", mais aussi quelques chansons plus anciennes de même que deux chansons qu'elle a écrites pour la B.O. du film "Requiem for Billy the Kid". Soyons clairs : cette chanteuse a une voix qui te file la chair de poule, des textes tantôt graves, tantôt drôles, mais toujours pertinents, des harmonies vocales à faire pâlir de jalousie les Voix Bulgares, et en plus elle a un certain charme déstabilisant. Bref, c'est LA femme qu'on adorerait détester. Mais, et il y a un MAIS, elle est super sympa, en plus. Nous avons eu l'occasion de la rencontrer au détour d'un escalier à la fin du concert, et elle s'est montrée très disponible malgré sa grosse fatigue manifeste. Un très bon concert, donc.Ensuite, une très bonne surprise, qui s'est manifestée sous les traits des trois clochards alcooliques et philosophes d' Under, une pièce du dramaturge suédois Lars Norén, qui était jouée au Théâtre des Tanneurs. Pendant toute la pièce, on oscille entre absurde et drame absolu, misère inexorable et dénuée de sens dans laquelle les personnages se débattent tant bien que mal sans aucun espoir de garder la tête hors de l'eau. Tout y passe, de la religion au sens de l'existence, des gens qui passent et ferment les yeux, aux livres que l'on ne comprend pas. C'est un peu comme un "En attendant Godot", où l'on attend plus personne. Ce que je n'ai pas tout à fait compris, c'est la raison pour laquelle certains membres de l'assemblée riaient franchement à certains passages. Quand un SDF se débat dans son grand manteau parce qu'il ne parvient pas à se couvrir à la fois les pieds et les épaules pour dormir dans la rue, personnellement, ça ne me fait pas rire du tout, ça m'attriste plutôt beaucoup. Mais je crois qu'une partie du public associe systématiquement "absurde" à "comique", ce qui constitue toujours une grave erreur. À noter que l'adaptation française a été faite par Sabine Vandermissen, une traductrice belge et ancienne de l'EII, qui a relevé le défi improbable de faire passer des jeux de mots du suédois au français. Un grand coup de chapeau à elle, en tous cas, et aux comédiens qui m'ont arrachée des larmes, cela va de soi.
Photo : © Didier Payen, là
Et tant qu'on est dans une bonne série, je ne peux que saluer le TRÈS brillant film de Radu Mihaileanu, "Le Concert". Pour vous donner une idée, je n'avais plus été aussi touchée par un film depuis "Good Bye Lenin !" (qui au passage sera projeté ce mardi au cinéma Plaza Art). J'ai littéralement sangloté pendant le solo final. C'est beau de bout en bout. La photographie est magnifique, les personnages plus touchants les uns que les autres, le scénario juste-ce-qu'il-faut-tiré-par-les-cheveux, la musique, bien évidemment au delà de tout ce qu'on peut imaginer, le jeu des comédiens juste et émouvant ; je ne peux donc que vous recommander de vous précipiter pour le voir. Mention spéciale à Mélanie Laurent, actrice que je ne pouvais pas encadrer jusque là et qui m'a définitivement acquise à sa cause pour le coup. Un film magnifique, tout en mesure et en démesure, du cinéma comme on regrette de ne pas en voir plus souvent. C'est mon coup de cœur de cette année, vous l'aurez compris.J'espère, en conclusion, que 2010 sera à l'image de la fin d'année 2009, à savoir pleine de bonnes surprises et d'émotions. J'aurais aimé vous gratifier d'une réflexion profonde sur les bienfaits de l'art sur la vie de tous les jours, et les petits bonheurs que nous apporte la culture pour moins de dix euros, mais je crois que vous vous serez rendus compte de ces évidences par vous-mêmes. Il ne tient finalement qu'à se rappeler de temps en temps que les livres que certains se donnent la peine d'écrire, les morceaux de musique qui s'enchaînent, les dialogues de pièces qui rebondissent, les musées qui vous ouvrent leurs portes, les films dont on se souvient pendant longtemps et les conversations qui nous tiennent en haleine font partie de ces petites choses qui rendent la vie un peu plus légère. Ainsi, je vous souhaite de vous construire de vos petites mains une vie légère, légère...










