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dimanche 28 juin 2009

Stuff

Ms. Robertson: Do you feel guilty about it?
Me: I am a Catholic, I feel guilty about nearly everything.

Selon Sarah, ce qui distingue les conseils des suggestions, c’est que les conseils on est d’abord censé les suivre soi-même. Auquel cas, ayant appris ça aujourd’hui, je ne me permettrai plus que des suggestions.

Je ne sais plus du tout à qui j’ai parlé de ça, mais je me souviens avoir dit à quelqu’un à propos de quelque chose (dont je ne me souviens évidemment pas non plus) : « Lis les méditations de John Donne, tu verras ». Bon, bien entendu, ce texte fait partie de mes nombreuses obsessions. Ici, la traduction parce que ce n’était peut-être pas quelqu’un qui parle anglais, et , la version originale. Et la morale de l’histoire ? La tequila c’est très, très mauvais pour la mémoire.

"Aucun homme n’est une île, un tout, complet en soi ; tout homme est un fragment du continent, une partie de l’ensemble ; si la mer emporte une motte de terre, l’Europe en est amoindrie, comme si les flots avaient emporté un promontoire, le manoir de tes amis ou le tien ; la mort de tout homme me diminue, parce que j’appartiens au genre humain ; aussi n’envoie jamais demander pour qui sonne le glas : il sonne pour toi."

Autre chose : selon les divers tests sur Facebook, je vais me marier dans un an jour pour jour, avoir un mouflet à la trentaine et mourir en 2036. Évidemment, je me mets de ce pas en quête d’une salle pour la célébration. Après tout, je n’ai pas d’amoureux, donc pas de mari potentiel, mais une salle, c’est tellement difficile à trouver. Le faire-part suivra quand j’aurai un nom à mettre dessus, je vous tiens au courant.

Pour le reste, j’attends les résultats, sans trop d’angoisse, mais il reste deux jours, ça peut encore monter.

We make mistakes. Indeed, we spend most of our lives making mistakes and/or feeling guilty about those precise mistakes. I don’t know if guilt is a real feeling or something invented by some Catholic priest, but anyway there’s something there. You keep on doing stupid things. Sometimes you even realize that they’re pointless and full of consequences while you’re doing them. I’ve done lots of stupid things these days and I am not proud of that. But still, there's one thing I did that I knew was awfully wrong and I feel good about it. I told you life was messy. Well, since I’ve been raised in a sort of Catholic background, I have plenty of other things to feel guilty about anyway.




Une toute vieille chanson de Billie Holiday, remise miraculeusement au goût du jour grâce à une certaine publicité (vous voyez de quoi je parle ?). Et moi, je l'adore.

mardi 9 juin 2009

The Dock of the Bay

[Il est 16:54, je commence à écrire cet article. J'écoute "La ceinture" d'Élodie Frégé, même si je n'aime pas cette fille. Je machouille un de ces bonbons en forme de framboise, et dehors, il pleut]

Il y a un film, je ne sais plus lequel parce qu'on a parfois des scènes qui nous restent en tête sans que le scénario nous marque, dans lequel une fille court sous la pluie pour aller retrouver l'homme qu'elle aime mais qui ne le sait pas. Elle frappe à sa porte, ruisselante, les cheveux trempés, et elle l'embrasse à pleine bouche, et ils s'aiment jusqu'à la fin des temps. Il y a sûrement une musique mièvre avec peut-être même un violon. Et en plus son rimmel n'a même pas coulé. Je suis absolument certaine que si je faisais un truc pareil, non seulement je glisserais sur les pavés et c'est ruisselante de boue et avec de vieux chewing-gums collés aux genoux que j'arriverais, mais qu'en plus le gars me jetterait une serviette éponge d'un air ébahi en me demandant pourquoi je suis venue sans téléphoner avant et pourquoi je n'ai pas pris un parapluie.

[17:03, il ne pleut déjà plus. Une ambulance passe sur le boulevard toutes sirènes hurlantes. Quelque part dans la ville, la vie de quelqu'un vient sans doute de basculer]

J'ai commencé à lire "On the Road" de Jack Kerouac. Je ne suis pas très avancée dans la lecture, je dois être quelque part vers la cinquantième page, et c'est d'ores et déjà le livre que j'aimerais avoir écrit. Encore un. C'est écrit simplement, sans fioriture, mais élégamment et avec cette sorte de précipitation propre à la jeunesse qui pense qu'elle a tout à voir et tout à vivre.

[17:18, exit Élodie Frégé, retour à Otis Redding]



ça, c'est la première des deux prises, un peu différente de celle qu'on connaît, avec un mec qui imite les mouettes et Otis Redding qui se plante au moment de siffler. Je la trouve rigolote.

Je vous ai déjà parlé de (Sittin' on) The Dock of the Bay ? C'est mon papa qui m'a fait découvrir cette chanson quand j'étais petite. J'ai l'impression qu'elle m'a toujours suivie partout. Quand je suis sortie avec mon premier amoureux (oui, à l'époque ça s'appelait comme ça), il me l'a jouée sur son piano et c'était "meûgnon". Depuis, elle a toujours été là. J'ai entendu des dizaines de versions (j'aime bien celle de Pearl Jam, même si bon, quand c'est pas Otis Redding, ben c'est pas Otis Redding), écouté l'originale des milliers de fois, et je la chante en moyenne une fois par semaine. Je ne sais toujours pas ce qu'il voulait dire quand il a écrit ça. La légende veut qu'il l'ait commencée sur un bateau et finie sur des nappes d'hôtels pendant une tournée. Il l'a enregistrée en deux prises. Il avait 26 ans. Ironie du sort, quelques jours plus tard, il est monté dans un avion avec les membres des Bar-Kays, sans savoir que ce serait son dernier vol et que l'avion terminerait sa course dans un lac. The Dock of the Bay est sortie un mois après sa mort et a immédiatement été un tube.
Je ne suis PAS obsédée par les crashs aériens, ok ?

[17:35, je n'ai plus rien à dire pour aujourd'hui, ce soir Denis et moi allons voir Alex & Chris qui jouent au Bateau Îvre, et il ne pleut plus]

lundi 1 juin 2009

Shah of Blah




J'ai pensé que si un jour je devais avoir des enfants, mais c'est peu probable, parce que les enfants ça sent mauvais et c'est tout le temps malade, puis ça coûte cher et je n'ai pas la moindre intention de ranger un être humain dans mon utérus, si un jour j'avais des neveux, donc, mais comme je n'ai ni frère ni soeur...ou alors un filleul...Bref, si un jour par un phénomène extraordinaire je me retrouvais avec un enfant sur les bras, j'ai pensé que je ne lui lirais pas de contes. Les contes conditionnent les enfants à obéir (les enfants qui désobéissent sont mangés par le grand méchant loup) et à assimiler une image diabolisée de la femme (la méchante belle-mère), entre autres. Je ne dis pas que lire des contes, c'est mal, mais dans mon cas, je préfèrerais leur lire l'Illiade, l'Odyssée, voire l'Énéide, qui vantent le courage, l'initiative, la réflexion, qui mettent en scène des dieux accessibles et presque humains et qui dédramatisent la mort. Bien sûr, ces classiques sont un peu difficiles à comprendre, mais plutôt que de gagatiser sur des histoires de petits cochons qui construisent des petites maisons, pourquoi ne pas aider les enfants à apprendre ? Je ne connais pas d'enfant qui soit mort d'avoir trop appris. Enfin, ce n'est qu'un avis théorique.

Sometimes I wish I was one of those bitches on high heels
who don't know what "pathos" means,

Sometimes I wish I was so freaking hot
I wouldn't need to talk to convince people I am worth it,

Sometimes I wish I had a bright smile that says "I'm stupid but I'm sweet".
And sometimes it's ok as it is.


J'ai pensé que si un jour j'avais un chien, ou un oiseau, je l'appellerais Michel. Et tant pis pour tous les Michel que je connais.

J'ai pensé que si j'avais le temps, je me mettrais à la danse. Et si j'avais les capacités de compréhension, je me mettrais à la photo. Ou aux maths. Tu ne t'es jamais dit que les mathématiques, c'était le langage universel et que c'était con de ne pas le comprendre ?

"Ok, Justine, tu t'es encore injectée de la cocaïne directement dans le cerveau ?"
(Citation de Laura n°127)


J'ai pensé que je devais trier mes contacts Facebook. Aller chez le coiffeur. Finir les bouquins que j'ai commencés. Apprendre à faire des macarons. Arrêter le Coca et faire des abdos. Ouais, c'est ça.

jeudi 19 mars 2009

Dogma

Si j'emprunte le titre d'un de mes films préférés pour ce blog, ce n'est pas anodin. J'espère que vous avez vu le film, auquel cas vous comprendrez bien vite, et sinon, voyez-le, ce film est vraiment, VRAIMENT excellent (et si je vous dis ça, ce n'est pas uniquement parce qu'il y a Ben Affleck dedans). Voilà un film qui en plus d'être drôle et impertinent offre une réflexion plutôt intéressante sur la religion chrétienne. Vous me direz, "la religion, on s'en fout". Je suis même certaine que la plupart d'entre vous en sont profondément convaincus, mais que vous le veuillez ou non, elle est partout et vous a influencé depuis votre plus tendre enfance, en bien ou en mal. Et il n'est bien sûr pas nécessaire d'être un béni-oui-oui (j'adore cette expression) qui croit au créationnisme pour l'admettre.

Je lis la Bible. Je veux dire, pas comme les vrais croyants qui la lisent tous les soirs pour la connaître à fond et être sûrs de ne pas commettre une erreur qui les enverrait tout droit en enfer sans passer par la case purgatoire, non. Je la lis un peu, certains passages, de temps en temps. J'ai une préférence très nette pour le Cantique des Cantiques, mais ce n'est pas à proprement parler un texte religieux, et si on me demandait mon opinion, je vous dirais que c'est sans doute la poésie amoureuse la plus touchante et la plus sensuelle que j'aie jamais lue, mais ça n'engage que moi. Donc de temps en temps, je lis un passage. Rarement pour le plaisir, sauf dans le cas que je viens de citer, mais pour apprendre des choses. La Bible, qu'on croit ou non aux Saintes Écritures est un texte fondateur de la culture occidentale. Je crois qu'on ne peut bien comprendre l'histoire de cette culture qu'en ayant une vague idée de ce que ça raconte. La religion est omniprésente dans l'imaginaire collectif. En ce qui me concerne, j'ai bien sûr une raison de plus de m'y intéresser. Comme vous le savez peut-être, j'ai toujours été extrêmement intéressée par les arts, et il s'avère que ma préférence va ostensiblement au Baroque. Or, comme vous le savez sans doute aussi, l'art Baroque est essentiellement (pour ne pas dire exclusivement) religieux. Alors oui, on peut se contenter de regarder une sculpture et de trouver la pureté de ses formes époustouflante, mais on peut aussi essayer de comprendre ce dont il s'agit. Or, comment comprendre le Baroque si on ignore tout de la Contre-réforme ? Si on ignore les tenants et les aboutissants de la Réforme ?

Judith et Holopherne, du Caravage

Et c'est précisément en m'intéressant à la Réforme que j'ai compris pourquoi je ne serais jamais une bonne catholique. Bien sûr, je savais déjà que je ne le serais jamais, parce qu'après tout les catholiques ont cette fâcheuse tendance à être conservateurs, et c'est pas franchement mon trip. Un peu comme le Pape, d'ailleurs. On peut se permettre beaucoup de choses, mais que le Vatican publie un communiqué disant que la machine à laver a rendu plus de services que la pilule aux femmes et que le Pape déclare que le préservatif n'est pas la solution contre le SIDA, que la foi sauvera l'Afrique, excusez-moi du peu mais personnellement j'appelle ça un vieux con. Un peu comme cette histoire de péchés capitaux. Le fait est que je m'y adonne fréquemment, sans repentir ni même honte, et je dois bien avouer que j'en tire un certain plaisir, comme vous tous d'ailleurs. Au moment où je vous écris, je m'adonne aussi bien à la gourmandise qu'à la paresse. J'en étais donc là de ma réflexion (si Loïc passe par ici je ne doute pas un seul instant qu'il me fera tôt ou tard la réflexion sur l'Église qui empêchait le progrès au Moyen-âge) quand je suis tombée sur les dix commandements. Pas la comédie musicale, hein.

La voûte de la chapelle Sixtine, Michel'Ange

Je vous parlais donc de la Réforme. Vous n'êtes pas sans savoir qu'une des idées les plus importantes de la Réforme protestante était un retour aux Écritures, notamment aux commandements. Parmi ceux-ci, le plus débattu était probablement le deuxième, à savoir, pour résumer "tu n'adoreras pas les idoles". Les protestants n'auraient plus de représentations religieuses, les catholiques étaient dans la merde, puisqu'on les mettait face à leur propre paradoxe, avec leurs églises pleines de tableaux et statues. Bref, je ne vais pas vous faire un cours d'histoire, mais il s'avère qu'avec le Concile de Trente, il a été décidé que nombre d'oeuvres "déviantes" seraient détruites et qu'on ne produirait plus d'art religieux que pour "inspirer la foi et expliquer les écritures à ceux qui ne pouvaient les lire". Et c'est là qu'arriva Caravage (qui pour la petite histoire allait entuber le Vatican comme jamais). J'en reviens donc au deuxième commandement, que non seulement j'enfreins avec la régularité d'une horloge, mais dont l'inverse constitue mon seul lien réellement fort avec la religion. Je m'explique : si je croyais vraiment en Dieu, mon seul argument en sa faveur serait qu'il faut forcément qu'il existe quelque chose de supérieur pour avoir inspiré une telle beauté à la main des artistes. Mais je sais aussi pour l'avoir parfois éprouvée un court instant que la ferveur qui les guidait, si elle venait de leur foi, n'était rien d'autre qu'un dévouement total à l'art et une frénésie incontrôlable de création. Malgré tout, la seule chose qui m'intéresse vraiment dans la religion, c'est l'art qu'elle a produit, parce qu'il s'agit bien souvent d'Art avec un grand "A". Bref, s'il ne m'est jamais donné d'adorer un dieu, j'adorerai toujours les icônes, et un Caravage, un Bernin, un Michel'Ange ou un Raphaël auront toujours plus de valeur à mes yeux que tous les principes sacrés qu'on nous inflige aux cours de religion. Et si j'ai la foi, c'est dans l'immense pouvoir de l'art.

Un petit bout de "L'enlèvement de Prosperine" du Bernin

Ceci dit, ça ne m'empêche pas de réciter le Notre Père en boucle quand je prends l'avion, et de cracher aussitôt sur les dévôts qui justifient leurs actes par la religion, quelle qu'elle soit.

Extrait de Dogma :
[about Azrael's neutrality in the Holy Conflict]
Jay: What are you, some kind of fucking chicken?
Azrael: No, I was an ARTIST, STUPID! I WAS INSPIRATION! A muse has no place in battle!
Serendipity: So after the fallen were banished to hell, God turned on those who wouldn't fight, and Azrael was sent down with the demons.
[mockingly]
Serendipity: Something he considers a GRAVE injustice!
Azrael: Ah, come on! Don't tell me you NEVER questioned the judgement, Serendipity.
Serendipity: No. It never bothered me. So you were an artist! Big deal! Elvis was an artist. But that didn't stop him from joining the service in time of war. And that's why he's The King, and you're a schmuck.