[Il est 16:54, je commence à écrire cet article. J'écoute "La ceinture" d'Élodie Frégé, même si je n'aime pas cette fille. Je machouille un de ces bonbons en forme de framboise, et dehors, il pleut]
Il y a un film, je ne sais plus lequel parce qu'on a parfois des scènes qui nous restent en tête sans que le scénario nous marque, dans lequel une fille court sous la pluie pour aller retrouver l'homme qu'elle aime mais qui ne le sait pas. Elle frappe à sa porte, ruisselante, les cheveux trempés, et elle l'embrasse à pleine bouche, et ils s'aiment jusqu'à la fin des temps. Il y a sûrement une musique mièvre avec peut-être même un violon. Et en plus son rimmel n'a même pas coulé. Je suis absolument certaine que si je faisais un truc pareil, non seulement je glisserais sur les pavés et c'est ruisselante de boue et avec de vieux chewing-gums collés aux genoux que j'arriverais, mais qu'en plus le gars me jetterait une serviette éponge d'un air ébahi en me demandant pourquoi je suis venue sans téléphoner avant et pourquoi je n'ai pas pris un parapluie.
[17:03, il ne pleut déjà plus. Une ambulance passe sur le boulevard toutes sirènes hurlantes. Quelque part dans la ville, la vie de quelqu'un vient sans doute de basculer]
J'ai commencé à lire "On the Road" de Jack Kerouac. Je ne suis pas très avancée dans la lecture, je dois être quelque part vers la cinquantième page, et c'est d'ores et déjà le livre que j'aimerais avoir écrit. Encore un. C'est écrit simplement, sans fioriture, mais élégamment et avec cette sorte de précipitation propre à la jeunesse qui pense qu'elle a tout à voir et tout à vivre.
[17:18, exit Élodie Frégé, retour à Otis Redding]
Je vous ai déjà parlé de (Sittin' on) The Dock of the Bay ? C'est mon papa qui m'a fait découvrir cette chanson quand j'étais petite. J'ai l'impression qu'elle m'a toujours suivie partout. Quand je suis sortie avec mon premier amoureux (oui, à l'époque ça s'appelait comme ça), il me l'a jouée sur son piano et c'était "meûgnon". Depuis, elle a toujours été là. J'ai entendu des dizaines de versions (j'aime bien celle de Pearl Jam, même si bon, quand c'est pas Otis Redding, ben c'est pas Otis Redding), écouté l'originale des milliers de fois, et je la chante en moyenne une fois par semaine. Je ne sais toujours pas ce qu'il voulait dire quand il a écrit ça. La légende veut qu'il l'ait commencée sur un bateau et finie sur des nappes d'hôtels pendant une tournée. Il l'a enregistrée en deux prises. Il avait 26 ans. Ironie du sort, quelques jours plus tard, il est monté dans un avion avec les membres des Bar-Kays, sans savoir que ce serait son dernier vol et que l'avion terminerait sa course dans un lac. The Dock of the Bay est sortie un mois après sa mort et a immédiatement été un tube.
[17:35, je n'ai plus rien à dire pour aujourd'hui, ce soir Denis et moi allons voir Alex & Chris qui jouent au Bateau Îvre, et il ne pleut plus]
Il y a un film, je ne sais plus lequel parce qu'on a parfois des scènes qui nous restent en tête sans que le scénario nous marque, dans lequel une fille court sous la pluie pour aller retrouver l'homme qu'elle aime mais qui ne le sait pas. Elle frappe à sa porte, ruisselante, les cheveux trempés, et elle l'embrasse à pleine bouche, et ils s'aiment jusqu'à la fin des temps. Il y a sûrement une musique mièvre avec peut-être même un violon. Et en plus son rimmel n'a même pas coulé. Je suis absolument certaine que si je faisais un truc pareil, non seulement je glisserais sur les pavés et c'est ruisselante de boue et avec de vieux chewing-gums collés aux genoux que j'arriverais, mais qu'en plus le gars me jetterait une serviette éponge d'un air ébahi en me demandant pourquoi je suis venue sans téléphoner avant et pourquoi je n'ai pas pris un parapluie.
[17:03, il ne pleut déjà plus. Une ambulance passe sur le boulevard toutes sirènes hurlantes. Quelque part dans la ville, la vie de quelqu'un vient sans doute de basculer]
J'ai commencé à lire "On the Road" de Jack Kerouac. Je ne suis pas très avancée dans la lecture, je dois être quelque part vers la cinquantième page, et c'est d'ores et déjà le livre que j'aimerais avoir écrit. Encore un. C'est écrit simplement, sans fioriture, mais élégamment et avec cette sorte de précipitation propre à la jeunesse qui pense qu'elle a tout à voir et tout à vivre.
[17:18, exit Élodie Frégé, retour à Otis Redding]
ça, c'est la première des deux prises, un peu différente de celle qu'on connaît, avec un mec qui imite les mouettes et Otis Redding qui se plante au moment de siffler. Je la trouve rigolote.
Je vous ai déjà parlé de (Sittin' on) The Dock of the Bay ? C'est mon papa qui m'a fait découvrir cette chanson quand j'étais petite. J'ai l'impression qu'elle m'a toujours suivie partout. Quand je suis sortie avec mon premier amoureux (oui, à l'époque ça s'appelait comme ça), il me l'a jouée sur son piano et c'était "meûgnon". Depuis, elle a toujours été là. J'ai entendu des dizaines de versions (j'aime bien celle de Pearl Jam, même si bon, quand c'est pas Otis Redding, ben c'est pas Otis Redding), écouté l'originale des milliers de fois, et je la chante en moyenne une fois par semaine. Je ne sais toujours pas ce qu'il voulait dire quand il a écrit ça. La légende veut qu'il l'ait commencée sur un bateau et finie sur des nappes d'hôtels pendant une tournée. Il l'a enregistrée en deux prises. Il avait 26 ans. Ironie du sort, quelques jours plus tard, il est monté dans un avion avec les membres des Bar-Kays, sans savoir que ce serait son dernier vol et que l'avion terminerait sa course dans un lac. The Dock of the Bay est sortie un mois après sa mort et a immédiatement été un tube.
Je ne suis PAS obsédée par les crashs aériens, ok ?
[17:35, je n'ai plus rien à dire pour aujourd'hui, ce soir Denis et moi allons voir Alex & Chris qui jouent au Bateau Îvre, et il ne pleut plus]


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