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samedi 16 mai 2009

Hommes

Situation :
[Vendredi soir. Laura et moi assises sur un appui de fenêtre devant l'église sainte-Elizabeth, rue de Nimy, discutons. Trois mecs dans une Peugeot 206 ralentissent à notre hauteur puis freinent.]
Le conducteur :
Le passager : Hé "mamoiselles"...Hé !
[Comme nous ne répondons pas :]
Le conducteur : Pétasses !
[La voiture démarre en trombe]
Et ça, ça a dû m'arriver deux-cents fois dans ma vie, et aux autres nanas aussi.

Analyse :
Les mecs sont des porcs. Pas tous bien sûr, mais certains. Et je ne veux pas dire qu'ils se comportent comme des porcs, non. Ils sont littéralement des porcs, avec l'intellect et la distinction d'animaux de soue. Ni plus, ni moins. D'ailleurs, accordons un peu plus d'attention à la démarche, à la réflexion qui a pu les conduire à un tel comportement. Comment un être humain, même avec un QI de 40 (qui équivaut tout de même, selon l'échelle de Wechsler, à la débilité) peut-il imaginer ne fût-ce qu'une seconde attirer une femme en présentant un dispositif de prédation aussi grossier et effrayant ?

Parce que, cher lecteur, si tu fais partie des abrutis complets qui occasionnellement embarquent leurs copains en bagnole pour interpeller les jeunes filles en ville, il est grand temps que je te fasse une révélation qui va sans doute bouleverser le cours de ton existence toute entière : t'es un connard. Un pur, un vrai, le genre à qui sa mère aurait dû filer des claques ou dont le père aurait dû porter une capote. Une raclure, un sous-produit d'humanité tout juste bon à grossir les files au supermarché. Une merde putride, la honte de ses congénères, quelqu'un dont on ne voudrait même pas pour ramasser ses poubelles: t'as du fond de veau entre les oreilles. Ai-je été claire ?

Soyons sérieux deux secondes : toutes les filles que je connais - et je dis bien TOUTES - préféreraient de loin se faire enlever un rein sans anesthésie plutôt que de monter en voiture avec ce genre de gars. Et je suis prête à parier que plus de cinquante pourcent d'entre elles préféreraient aussi subir une opération douloureuse plutôt que de simplement leur adresser la parole. Que ce soit bien clair, une fois pour toutes, cette technique n'a absolument AUCUNE chance de fonctionner. Je sais, je me répète, mais pour rappel, je m'adresse à un débile, selon Wechsler.

Alors, me direz-vous, peut-être y'a-t'il une explication rationnelle à tout cela. Oui, je présume en effet qu'il y en a une. Et comme je suis quelqu'un qui aime comprendre, j'ai essayé de la trouver.

Hypothèse n°1 : Tentative aléatoire de satisfaction d'un désir sexuel frustré. Ne tenait pas la route, même un abruti se rendrait compte que c'est plus efficace d'être gentil et poli pour attirer quelqu'un dans son lit.

Hypothèse n°2 : Désir simple de faire chier le monde, voire de faire peur. Parce que, bon, trois mecs dans une bagnole avec des sales gueules, la nuit, ça fait peur au pire, ça donne lieu à des images mentales dans lesquelles on leur met une balle de gros calibre dans la tête, au mieux. Hypothèse sans contre-argumentation évidente, mais qui ne me satisfaisait pas pleinement.

Hypothèse n°3 : En réfléchissant, je suis retombée sur les théories freudiennes qui étaient stockées dans un coin de mon cerveau, et je dois dire que cette hypothèse est ma préférée. Ces mecs n'obéiraient en fait qu'au principe de plaisir, incapables qu'ils sont de se confronter au principe de réalité. Cette confrontation au monde réel, où l'on se rend compte que le monde n'obéit pas à notre volonté et que tout désir ne peut pas être satisfait se passe normalement au cours de la toute petite enfance. J'imagine donc que ces types sont coincés dans un cercle vicieux pulsion-frustration sans jamais assimiler que le monde n'est pas là pour les satisfaire. La frustration engendrant la colère, les pulsions n'en sont que décuplées. L'issue idéale serait que la frustration en arrivant à son comble, ils décident spontanément d'aller jouer à colin-maillard sur l'autoroute, mais comme je l'ai déjà dit à de nombreuses reprises, nous ne vivons pas dans un monde parfait.

Ceci établi, je devrais faire preuve de compassion à l'égard de ces misérables dont la seule compétence intellectuelle consiste à passer les vitesses sans débrayer, mais même moi je ne suis pas capable de tant de miséricorde.

Et vous savez pourquoi ? Parce qu'en face, il y a d'autres hommes, des mecs biens, qui sont la preuve qu'on peut être un homme sans être un gros enfoiré. Des gars respectueux, gentils, qui ne nous traitent pas de pouffiasses quand on les confronte au principe de réalité, des mecs qui te regardent dans les yeux quand ils te parlent et ne se pochtronnent pas la gueule pour avoir le courage de t'aborder. Des mecs qui ne se grattent pas les couilles en public. Des hommes sur qui on peut compter, qu'on trouve beaux même quand ils ne le sont pas, parce qu'ils ont en eux suffisamment de sérénité, de sagesse, pour réajuster nos standards. Ceux qui nous font rire, ceux qu'on a envie d'écouter quand ils parlent, ceux qui nous manquent quand ils ne sont pas là, les amis, les pères, les frères, les amants qu'on a choisi pour ce genre de raisons, les amours qu'on n'oubliera pas, les inconnus dans la rue qui nous sourient, ou juste qui ont la décence de ne pas nous insulter sans raison... Ha, Hommes, je vous aime. Houlà, je m'emporte. Hommes, je vous aime, soit, mais ceci ne s'applique pas aux porcs, évidemment.

mercredi 7 janvier 2009

Mes ex et moi

De prime, abord, je voulais vous parler aujourd'hui de l'aspect stylistique de mon mémoire, sujet dont je sais qu'il vous aurait hautement passionné, mais...

Ma maman me demandait ce matin "Tiens, tu sais ce qu'il devient X ?" (ma maman a le chic pour poser des questions). C'est vrai que je m'étais jamais posé la question. Donc pour le coup, en glandant devant "New York Section Criminelle" - je fais une fixation sur les séries qui disposent d'une salle d'autopsie - le portable sur les genoux, je me dis "tiens, je taperais bien son nom sur Google". Hé ben, bien mal m'en a pris. Je sais qu'avec le temps, les gens changent. Je le sais, je m'en convainc dès que je peux, mais ça ne m'a pas empêchée d'être consternée. Et quand je dis "consternée", je pèse mes mots. Parce que se douter qu'en plusieurs années quelqu'un puisse avoir pris quelques kilos, c'est une chose. Mettre la main sur une photo d'un chauve en train de se faire tatouer en est une autre...Enfin, comme le faisait remarquer un de mes collègues de fac sur Facebook, ça aurait pu être pire, je pourrais avoir un ex marié avec des enfants. Et je vais vous dire, comme je ne les suis pas à la trace, et sachant ce que j'ai vu ce soir, si c'était le cas, je ne voudrais surtout pas le savoir. La morale de cette histoire ? C'est parfois une bonne chose que de rester dans l'ignorance.