
Non, non, vous ne rêvez pas, vous ne venez pas d'atterrir sur un blog de bobonne qui partage ses recettes et ses modèles de tricot, vous êtes bien sur le mien. Ceci dit, si c'est ce que vous avez crû, ce n'est peut-être pas si loin du compte que ça, sauf pour le tricot. Quant aux recettes, je peux difficilement prétendre à les partager parce qu'en fin de compte, je n'en ai pas une seule.
Je cuisine donc, comme les plus perspicaces d'entre vous s'en seront sans doute rendus compte. Ce n'est pas que je puisse rivaliser avec le chef de la première gargote venue, mais personne n'a jamais été malade, et certains se sont même resservis. Notez bien que là, c'est ma modestie qui parle, parce que si je voulais être parfaitement honnête, je vous confesserais qu'on ne tarit pas d'éloges sur mes petits plats et qu'ils sont aussi bien un piège à garçons qu'un piège à Laura (tout ça sans mentionner la fois où Loïc a éloigné tout le monde du barbecue pour manger mes brochettes de gamabas marinée à même la braise au péril de ses poils de nez). Voilà qui est dit.
Tout ça pour dire qu'aujourd'hui, j'ai cuisiné, et j'ai tenté les empanadillas. Or, comme je vous le disais, je ne suis jamais la recette, parce que je ne mesure jamais rien et que de toutes façons les proportions qu'on y propose sont bien souvent absurdes. Si je voulais jouer avec des petites balances et des récipients gradués, je ferais de la chimie. Mais pour une fois, j'avais décidé de suivre les indications d'un livre de cuisine qui ne m'avait pas l'air si mal foutu que ça. Je m'étais donc fiée à la liste d'ingrédients pour les courses, et me voilà face à face avec mon plan de travail, les yeux dans les yeux avec la bouteille d'huile d'olive (extra vergine, première pression à froid arrivée direct de Sicile dans le coffre d'un Renaud Sénic, s'il-vous-plaît !), prête à suivre scrupuleusement les directives. Mais non. Tout ça c'était sans compter sur la loi de la vexation universelle. Forcément, le jour où je décide, pour la première fois de ma vie de suivre une recette, celle-ci est incomplète. En gros, on me disait comment faire la pâte et comment faire la farce. Puis plus rien, l'auteur concluait sur un joyeux "bon appétit!". Ha ouais ? Et j'en fais quoi de tout ça après, guignol ?
Bon, d'un autre côté, je ne suis pas débile non plus, je me doutais bien qu'à un moment ou à un autre, il faudrait bien mettre la farce dans la pâte, et qu'il n'y avait pas trente-six façons de le faire : le problème n'était pas là. L'ennui, c'était surtout qu'on ne me donnait ni le temps de cuisson, ni la température. Et ça je déteste. Vraiment. Tout comme j'ai horreur qu'on me contrarie, j'ai horreur qu'on se foute de ma gueule. Pendant un instant, j'ai sérieusement songé à écrire une lettre d'insultes à l'éditeur, mais je ne peux tout de même pas passer ma vie à écrire des lettres d'insultes. J'ai donc de décidé que je ferais exactement ce je fais d'habitude : à l'heure de les cuire, j'improviserai. Et ceux que ça intéresse, je pourrai toujours leur dire si c'était bon.


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