dimanche 25 janvier 2009

Le vernissage et moi (mon stage et moi III)

Je ne vous ai pas raconté...

Vendredi, au Musée, c'était le vernissage de l'Expo Wendy Watriss & Fred Baldwin : Looking at the U.S. 1957-1986.

La journée avait commencé tranquillement par quelques remises en place, et il faut bien l'avouer, des accrochages de dernière minute, ainsi qu'une inversion des légendes. Puis les journalistes sont arrivés. Il était amusant de remarquer que les journalistes qui travaillent pour des journaux dits "sérieux" étaient manifestement là pour le buffet, alors que ceux qui venaient de la part de toute-boîtes étaient vachement plus impliqués, regardaient vraiment les photos et ne restaient pas pour dîner puisqu'ils devaient aller vers d'autres reportages. Nous, pour le coup, on a eu droit à un mojito en apéro et au buffet qui était bien bon.

On notera également un certain journaliste d'une revue spécialisée et très sélect qui nous a pris de haut, l'autre stagiaire et moi, de très haut, de très très haut, nous a regardé comme si nous étions des gueuses couvertes de bouse. Nous avons compris à son pull rose pâle bien plus tard qu'il avait vraisemblablement un problème avec les femmes en général, intuition confirmée au moment où il a regardé la conservatrice (qui a des jambes de deux mètres de long, des cheveux de princesse et des yeux de Bambi) en reniflant de dégoût.

Après le départ des journalistes venus pour le vernissage presse, ça aurait pu se calmer, mais c'est précisément le moment qu'a choisi le fournisseur pour livrer les 400.000 flyers qu'il a bien fallu caser dans des endroits les plus improbables les uns que les autres.

Une fois que ça a été fait, j'ai pu discuter avec la sœur de Wendy (dont j'ai oublié le prénom) et George, l'agent de Fred, parce qu'après tout, ça faisait toujours de la pratique en anglais, n'est-ce pas? Il m'a paru bizarre, George, sur le coup, parce qu'il m'a demandé quels étaient exactement mes qualifications, quel était mon but dans la vie, si je me voyais travailler dans les relations publiques. C'est à ce moment-là que je me suis rendue compte que j'étais en train de passer un entretien d'embauche informel. De fait, trois minutes plus tard, George me demandait mon adresse e-mail pour me contacter dès qu'il aurait trouvé quelque chose à me faire faire à la fondation FotoFest. À HOUSTON ! Je dois dire que c'est très excitant et terrifiant. Surtout terrifiant, en fait. Surtout que bon, moi j'ai rien demandé, quand même.

Sur l'entrefaite, Joanna (l'autre stagiaire) et moi avons choppé Fred et Wendy pour qu'ils nous dédicassent les livres de l'expo. Une fois chose faite, comme le vernissage était commencé et que les divers people habituels étaient arrivés, nous avons eu envie de voir Paul Magnette (Ministre fédéral du Climat et de l'Energie) en vrai, puisque tout le monde en parle tellement. Hé bien, franchement, il vaut bien le déplacement. Pas vilain du tout, plutôt élégant, et surtout, jeune. J'invite les demoiselles à donner leur avis.

Il était presque l'heure de partir quand un grand gars avec des cheveux longs m'a attrapé par le bras pour me poser des questions avec son énooooooooorme accent britannique sur ma formation, d'où je venais, ce que je faisais là, ce genre de trucs. Je me suis demandé si c'était un remake de l'après-midi, mais ce gars avait un style sensiblement plus baroudeur que celui de George (qui porte du tweed vert, quand même). Je ne sais pas si ça vous le fait aussi, mais dès que je dis que c'est ma dernière année, on me demande ce que je vais faire l'année prochaine. Comme je ne sais jamais quoi répondre, j'ai dit que j'aimerais faire une immersion. Du coup, voilà-t-y pas que mon gars me dit (et je vous le cite) : "Si tu veux je habite Parissssss alors je parle toi anglais, tu parles moi français, on apprend tous les deux. J'ai grand appart'ment..." avec un grand sourire. Je ris bêtement et mon télépone sonne à la rescousse. Je disparais. Au moment où je traverse le sas pour sortir, il me colle une carte de visite dans la main et me dit de lui envoyer un mail. Ok, j'acquièsce, ça a l'air de lui faire plaisir, et je m'en vais. Je vous avais dit, je crois que je n'y connaissais rien en photo. Voilà qui s'avère vrai une fois de plus. Il s'agit en fait d'un reporter du National Geographic, the Guardian et the Independent, entre autres, que je ne citerai pas parce que c'est encore bien le genre à googler son propre nom. Je crois que même si je rencontrais l'archevèque de Canterbury, je ne saurais pas qui il est, manifestement.

Voilà, donc, mon vendredi.

À bientôt pour de nouvelles aventures !

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