dimanche 17 mai 2009

Il paraît...

"I accept chaos, I'm not sure whether it accepts me."
Bob Dylan

Il paraît qu'il y a des gens qui n'aiment pas Bob Dylan. Si, si. Je ne sais pas pourquoi, parce que finalement Dylan fait partie des rares chanteurs vraiment intelligents qui soient faciles à écouter. Ça me fait penser que tu devrais voir "I'm not there". D'abord parce que même si tu n'aimes pas la Folk, tu aimes forcément le bon cinéma. Et ça, c'est de l'excellent cinéma. On a Ben Wishaw qui joue Arthur Rimbaud, et qui malgré sa gueule pas facile en est d'une beauté à mourir, Cate Blanchett, qui, aussi talentueuse soit-elle, arrive encore à nous surprendre et à nous couper le souffle (bon, j'admets, je suis ultra cliente de tout ce qu'elle fait), Richard Gere dans un bon rôle (et ça faisait longtemps), à savoir un Billy the Kid vieillissant. Tous ces personnages sont bien entendu des allégories, mais je te laisse découvrir ça par toi-même. Et pour bien enfoncer le clou, il y a aussi Christian Bale, Heath Ledger, Charlotte Gainsbourg, Michelle Williams... Que des bons, je te dis. Mais si un bon casting faisait un bon film, ça se saurait, donc il n'y a pas que ça. La vision du réalisateur est hallucinante, et il a eu une bonne idée. Parce qu'un film, un livre, une chanson, c'est avant tout une bonne idée. On sort des cadres classiques du biopic, et c'est prenant de bout en bout, même si ça dépeint un Bob Dylan qu'on n'a pas forcément envie de voir. Je ne te parle même pas de la photographie, de la lumière, de la bande sonore, du message. Parfois on voit quelque chose de beau et on reste là, bêtement, la bouche ouverte. Vois-le.




Quelqu'un sait comment centrer le lecteur Deezer sans bousiller tout le script ?

Il paraît que j'ai horreur de l'art moderne, d'ailleurs je n'y comprends rien et je ne suis pas certaine de pouvoir le distinguer de l'art contemporain. Mais je viens de me prendre ma première claque grâce à Jackson Pollock. Je suppose que ce tableau est ultra connu pour la plupart d'entre vous, mais moi, je découvre.

N°7, 1951
(chez abstrac-art.com, grandfathers & influences gallery)


Il paraît que la vie est faite de rencontres. Parfois le vendredi soir, dans un bar, on peut croiser un spécialiste canadien de la littérature slave et courtier en livres anciens qui écrit un roman en retapant une vieille baraque, un fan de Brel, tellement fan qu'il chante ses chansons sur scène et commence la conversation par la question "Vous aimez Brel ?" avant de savoir s'il va continuer à te parler, une espagnole un peu éméchée, tellement touchante que tu n'as pas d'autre choix que de l'aimer, un patron de bar philosophe qui a une opinion sur la censure au dix-neuvième siècle.

Il paraît que rien ne sert à rien, qu'il n'y a plus rien à faire et que tout est perdu. Il paraît. J'appartiens à une génération qui considère qu'elle n'a plus de combats à mener. Nous vivons encore dans l'ombre des révolutions sociales et considérons l'Histoire avec beaucoup de déférence parce que nous oublions d'en retirer la seule leçon qui vaille : ne pas répéter les erreurs du passé. Nous nous enlisons dans le marasme parce que nous sommes incapables de nous rendre compte que nous assistons, que nous participons au déclin de notre civilisation sans agir. Nous sommes devenus les rôles secondaires de nos propres vies. Quelqu'un me disait hier que tout débat était devenu stérile. Et si je comprends son point de vue, il m'est impossible de m'y rallier. Parce que tant qu'il y aura des gens pour se poser des questions, des gens qui ne seront pas d'accord avec la pensée unique, des gens qui auront des convictions, tout ne sera pas perdu. Nous partons battus d'avance, et nous avons tort. Il y a encore des livres. Il y a encore une réflexion. Et il y a encore de l'espoir. Et si le monde est en train de s'écrouler, si le changement climatique qui nous guète doit tous nous emporter, si la crise économique doit bouleverser tout ce que nous connaissons, si le taux de fécondité doit s'effondrer, si on doit perdre ce combat contre nous-mêmes, je propose que nous y allions comme une espèce qui se tient debout sur ses deux pieds et qui sait que même si tout est perdu, elle aura la dignité de ne pas oublier tout ce en quoi elle a cru.

Il paraît que notre siècle n'a plus d'icones, de héros. Aung San Suu Kyi, ça c'est une héroïne de notre siècle. Ha, bien sûr, quand on n'a pas la bonne idée de mourir jeune et beau comme le Che, on a tout de suite moins d'importance. Tu ne t'es jamais demandé pourquoi les foules admiraient le Che et pas Fidel Castro ? C'est pour ça. Mais cette femme-là, elle incarne l'espoir pour bien des gens et, malgré l'indifférence générale de la sacro-sainte communauté internationale, bien assise sur son énorme cul consensuel, elle parviendra, d'une façon où d'une autre, à faire entendre sa voix. Si je vous en parle, c'est parce que le gouvernement birman vient encore de mettre sur pied une manipulation grossière pour reconduire son assignation à résidence, qui devait expirer le 27 mai. Mais 2010 devrait être l'année des élections, alors la junte ne peut pas se permettre de voir la dirigeante de l'oposition dans la rue.


Tiens, lecteur, tu cliques parfois sur les liens ou ça ne sert à rien ce que je fais ? T'aimes Bob Dylan toi ? T'as des héros ? Tu comprends l'art abstrait ? Et la chaise sur laquelle t'es assis(e), elle se trouve où ? Comment t'es arrivé ici ?

3 commentaires:

Cint a dit…

Alors, je sais pas comment fonctionne ce blog, ni comment fonctionne vraiment Deezer, mais je pense bien que pour centrer il suffit d'ajouter " < center > " devant le script H T M L et " < / center > " (sans les "" et les espaces) à la fin. Je pense qu'à ça devrait aller...
Oui, je clique souvent sur les liens, j'ai pas une super énorme culture comme la tienne mais j'aime m'informer et tes liens sont bien utiles pour savoir de quoi tu parles ;)
Bob Dylan, bof bof....
Oui, j'ai des héros, enfin je crois...
Si ça s'appelle art "abstrait" je pense que c'est justement parce que ça ne doit pas être compris, mais apprécié, cela permet à tout un chacun d'avoir une façon de penser... Mais bon, si ce n'était que cela, il n'y aurait pas des spécialistes capables de se mettre d'accord pour donner une opinion sur une même oeuvre, abstrait= subjectif, voilà mon opinion. Et la, je suis assise sur une confortable chaise de bureau, devant mon pc, dans ma chambre... Et je suis arrivée par ici... euh c'est long à expliquer mais je pense que pour moi, tu sais d'où je viens donc je vais t'épargner quelques lignes :p
Ah pour info, je repasserai par ici tantôt, après souper, et tout le tralala, donc je polluerai encore un peu cette nuit ;) (jusqu'à ce que tu en aies marre de mes comm et que tu me bloques, mdr)

outtaseezun a dit…

j'ai encore une question: en supposant qu'une révolution est une entreprise qui mérite que l'on y consacre du temps et de l'énergie, est-ce que la race humaine le mérite?... et encore une: si on lui met le nez dans sa propre merde à notre chère bonne humanité, est-ce qu'il est moralement correct et acceptable de pousser les gens à une prise de conscience qui pourrait en pousser quelques uns au suicide? je crois que je vais quand même le publier cet article quand je l'aurai un peu retouché selon tes remarques et quelques pensées de moi. même si ça sert à rien, j'peux pas me résoudre à me taire et encaisser. bisous et merci

Ju a dit…

Il faudra que je te parle de John Donne, un jour.
Et si ce ne sont pas des questions rhétoriques, si tu me les poses vraiment, la seule réponse que j'aie à te donner, c'est oui (et je doute que ça pousse qui que ce soit au suicide).

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