jeudi 7 mai 2009

La revue de presse du jour

Parfois, je me demande ce qui cloche en ce bas monde, et d'autres fois, je ne parviens même plus à me poser de question parce que la consternation est tellement énorme que je préfère penser qu'il n'y a pas d'explication, que l'existence est chaotique et qu'on ne peut blâmer personne. En jetant un oeil à la presse du jour, je me suis trouvée dans le second état d'esprit.

La Radio Nacional Española, comme beaucoup de radios, met en ligne ses émissions quotidiennes, disponibles en podcast. C'est tout à leur honneur, j'en conviens. Ce qui m'ennuie, c'est le choix de leurs émissions culturelles. Aujourd'hui plus encore. Parmi les divers programmes, c'est "Música francesa" qui a retenu mon attention. Le principe, c'est de présenter un ou des artistes francophones au public espagnol, ce qui est tout à fait louable, mais ça n'excuse pas tout. L'artiste du jour est Kate Ryan. Oui, oui. Kate Ryan. Et d'y aller d'extraits de ses deux chansons, qui sont tout de même des reprises d'artistes au talent incommensurable comme Mylène Farmer et Desirless. Je me demande VRAIMENT si c'est une bonne idée de donner aux espagnols cette image de la culture française. Pour ceux qui pigent la langue de Cervantes, vous trouverez ce moment de bravoure radiophonique ici.

Nos voisins britanniques, quant à eux, sont des petits rigolos. La version numérique du pourtant très sérieux Télégraph nous invite à l'évasion par le biais de son article sur les avantages de la crise en matière de voyages. En effet, selon eux, ce serait la meilleure période pour réserver une croisière. Chouette, me dis-je, enfin un aspect positif à cette foutue crise. Oui, MAIS allez savoir par quelle inspiration malsaine le maquettiste a eu la bonne idée de choisir cette image pour illustrer le propos de l'auteur, mais toujours est-il que la photo jointe à l'article montre un ours blanc solitaire errant sur un pauvre bout de banquise avec un bateau de croisière à l'arrière-plan. Alors James, on a confondu avec la rubrique écologique ou on essaie de faire passer un message ?

En France, ça ne rigole plus. Libération fait des jeux de mots pourris, dignes d'un lundi matin au cendrier de l'EII, je vous laisse seuls juges : Orléans, les matons mécontents d'être matés sont remontés" et ils PAIENT quelqu'un pour trouver ça, chapeau. Dans le Monde, le député Dupont-Aignan réclame à corps et à cris la suppression de la Commission européenne. Rien que ça (et le retour à l'éclairage au pétrole, non ? Ou l'abolition de la péniciline ?). Dans le Nouvel Obs, le PDG de Métrobus explique très sérieusement pourquoi il a fait coller des autocollants sur la pipe de Jacques Tati sur les affiches du film qui raconte sa vie. Oui, fumer c'est mal, mais enfin, une pipe, c'est une pipe, et Tati fumait. Mais bouuuuh, c'est mal.

Notre bonne vieille RTBF n'est pas en reste. Enfin, là, c'est le fond de l'article qui fait peur. Vous savez sans doute à quel point le thème de la censure me tient à coeur et quelle adversaire je suis de l'intervention de la morale dans l'art. Mais là, c'est trop. Voyez vous-même. Et pour ceux qui préfèrent les images, voici la vidéo sur le site de Die Welt (en allemand, d'accord, mais les mots ne sont pas tout-à-fait nécessaires en certaines circonstances).

Alors on fait quoi de tout ça ?

1 commentaire:

outtaseezun a dit…

REVOLUTIOOOOOOOON! let's burn everything down! acabo de volver de Almería y he visto cada cosa...! de abusos de poder en la administración a Operación Triunfo y los payasos del Eurovisión... que es para cargarnoslos todos. en fin..

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