Je me rends compte que je n'ai pas écrit depuis au moins huit lunes, et qu'en conséquence il s'est passé plein de trucs. C'est avec donc le plus grand plaisir et une joie non dissimulée que je m'apprête à vous raconter tout ce qu'il s'est passé, mais avant, une petite réflexion s'impose.
Vous savez, les souvenirs ne sont pas des choses précises, que l'on organise ou que l'on agence selon le cours exact des évènements auxquels ils sont liés. Il ne suffit pas de vivre pour que ce que l'on vit s'inscrive tel quel dans notre esprit. Quand le temps passe, les souvenirs se réorganisent, ne tenant compte ni de la chronologie, ni de notre propre volonté. Il s'agit plutôt de morceaux d'un vase brisé qu'il faudrait reconstituer, mais on n'y parvient jamais parce qu'il manque toujours un bout, et qu'en plus avec la colle, c'est moche. Ainsi donc, nous gardons des images, des impressions et des sensations en nous, sans pour autant qu'il y ait une trame.
En conséquence, c'est dans cet état d'esprit que je vous livre mes dernières activités, dans l'ordre ou dans le désordre, depuis juillet (je vous avait dit que ça faisait longtemps).
En juillet, un rêve s'est réalisé. Je suis consciente que tout le monde ne parvient pas à réaliser ses rêves comme ça, mais en ce qui me concerne, j'ai des rêves simples et accessibles, c'est donc un peu plus facile pour moi. Ça a commencé quand ils ont annoncé la tournée, comme ça, sans crier gare. On ne s'y attendait pas. Pour être honnête, on pensait même qu'il n'y en aurait plus jamais, vu son âge. Mais si, c'est arrivé. Je parle bien entendu du concert de Bob Dylan. Pour les plus jeunes d'entre nous qui ignoreraient de qui il s'agit, ben franchement, je m'en fous, z'avez qu'à avoir un peu de culture. Toujours est-il que ce 1er juillet, à 20h tapantes, j'étais assise dans la salle du Zénith de Nantes à attendre qu'entre en scène celui qui a tellement influencé la musique, mais aussi, n'ayons pas peur des mots, une certaine forme de pensée au XXe siècle. Il va de soi que quand sa silhouette s'est dessinée, je me suis mise à pleurer comme une petite fille.
Puis bon, tant qu'on était à Nantes, on a visité la ville, que je ne vous recommande pas chaudement car elle n'est pas très jolie, mais qui présente tout de même deux attraits majeurs, à savoir :
- Les Machines de l'Île, un projet artistique délirant, entre mécanique appliquée et visions de Jules Verne, dont le témoin le plus évident reste le Grand Éléphant, sur lequel nous n'avons pas manqué de faire une balade.
- Les Machines de l'Île, un projet artistique délirant, entre mécanique appliquée et visions de Jules Verne, dont le témoin le plus évident reste le Grand Éléphant, sur lequel nous n'avons pas manqué de faire une balade.
Ensuite, direction Paris, où, soyons clairs, entre le Louvre et les sushis, la balade en bateau mouche sur la Seine et le feu d'artifice du 14 juillet, le mur des "Je t'aime" de la place des Abbesses, les Jardins du Luxembourg et un shopping débridé, l'Homme et moi avons joué les touristes de bonne grâce.
La Dame de fer, qui me paraît toujours aussi incongrue
Notre Dame de dehors...
...et de dedans
L'inévitable p'tit déj' du Starbucks (à quand un à Mons, hein ? hein ?)
Le 14 juillet sur le Pont Neuf
Le Louvre, et puis surtout le buste de Richelieu par le Bernin
Le mur des Je t'aime, square Jehan Rictus, tout au bord de la place des Abbesses
Et bien sûr, le Sacré CœurAprès ça, nous avons pensé que peut-être, Bruges serait une bonne idée, une commémoration, en quelque sorte, puisque c'était la première escapade que nous nous étions offerts, un an auparavant. Alors, Bruges, ce fût, avec tout le tintouin, Belgian Waffles, bébés cygnes, Saint Sang, verres en terrasse et Béguinage. Le temps de (bien) vivre, en fait.

Une Madone de Loreto anonyme, que je préfère pourtant à celle, toute proche, de Michel-Ange qui trône à Onze-Lieve-Vrouw
Hé oui, c'est aussi ça, la grande classe brugeoise


Et puis, comment aller à Bruges sans passer par le tranquille Minnewater ?
Et puis, je me suis offert l'appareil dont je rêvais, donc j'ai fait quelques photos, cela va de soi.
Ensuite vinrent quelques jours en Baie de Somme, région charmante s'il en est, mais dont il ne faut surtout pas ignorer que :
1- Les habitants sont aussi sympathiques qu'un sac de marteaux, et je ne plaisante pas. Si vous êtes des habitués des plages où le touriste est roi, oubliez ça tout de suite. L'autochtone grogne et s'exprime par onomatopées dans les restaurants à moins de cinquante euros la personne, boissons non comprises. C'est tout dire.
2- Oui, il y a des phoques en Baie de Somme. MAIS, et c'est un grand "mais", on ne peut pas les voir à l'œil nu parce qu'ils sont loin. Très loin. Sauf quand on a un peu de pot, mais du coup, on ne voit que leur tête. Vous me direz, c'est déjà ça. Puis un phoque sans tête, ça fait tache.





De là, puisque nous passions des vacances bien tranquilles, nous étions encore bien loin de nous attendre au marathon qui suivrait. Et je pèse mes mots quand je vous parle de marathon. Entendons-nous bien, je suis le genre de personne à qui il n'arrive jamais rien. Si je décidais d'aller jouer à colin-maillard sur des rails de Chemin de fer, la SNCB déciderait une grève. Quoiqu'il en soit, même s'il ne m'arrive jamais rien, il se fait qu'une fois tous les trois ans, les planètes s'alignent de telle façon que tout arrive en même temps. Ceci dit, c'est très insidieux, un arrangement après l'autre, puis on se rend compte que ça va être la course.
Que je vous explique. Il y a un peu plus d'un an, nous avons acheté nos places pour U2. Autant vous dire tout de suite que, sans exagérer, nous étions franchement extatiques. Le concert étant prévu pour le 23 septembre, nous avions tout le temps de décliner tout autre engagement qui tomberait ce jour-là. Ce jour-là, oui, mais les jours suivants ?
Épisode deux : en juillet, lors d'un barbecue TRÈS arrosé chez mon cousin Michel (oui, presque tous mes cousins s'appellent Michel, c'est comme ça), quelqu'un lance l'idée d'aller bouffer des moules en Suisse ("pourquoi un souper moules en Suisse", me demanderez-vous, c'est une bien longue histoire que je vous raconterai une autre fois). Si. Évidemment, vu l'état éthylique général, l'Homme et moi trouvons que c'est une bonne idée. Ben oui. En plus c'est original. C'est pas tout le monde qu'il va bouffer des moules en Suisse. Après avoir dessaoulé, nous restons très fermes sur cette idée, et proposons à Sacha (vous voyez que TOUS mes cousins ne s'appellent pas Michel) et à Alex de se joindre à nous. Ce devait être le weekend suivant le concert de U2, nous avions donc toute une journée pour nous remettre avant de prendre la route.
MAIS ça, c'était avant l'épisode trois, à savoir un petit mail du Musée de la Photographie me demandant si je veux bien faire l'interprétation des deux guides de Roger Jobs, à savoir des Turkanas qui parlent uniquement anglais, et turkana, forcément. D'abord, à une interprétation, on ne dit pas non, et ensuite, ils sont toujours tellement aux petits soins au Musée avec moi, que même s'ils me demandaient d'aller nettoyer les vitres de la nouvelle aile, j'irais.
On s'est dit que ce serait donc juste une question d'organisation, et que tout irait bien. De fait, tout va bien.
Ainsi, voici l'étape 1 du marathon. Je crois qu'on ne s'en remettra jamais. Si Wendouche passe par ici, elle confirmera bien volontiers. Cela faisait des années qu'on attendait ça, sans jamais parvenir à décrocher le précieux sésame, et nous voilà au troisième rang du Stade Roi Baudouin, avec Bono juste sous le nez. Jeez !


Étape 2, Musée de la Photo, à la rencontre des deux Turkanas. Je crois que je ne trouverai pas les mots pour décrire ce qu'a été cette rencontre, mais une chose est certaine, c'est une grande claque dans la gueule. Ces deux mecs, tous juste descendus de l'avion en provenance de Nairobi ont eu l'immense classe et la grande générosité de partager avec moi tous ces détails sur les joies de leur quotidien, et les grands drames qui font qu'ils sont les "premiers derniers hommes", comme on les appelle maintenant. Leur peuple est en train de mourir à cause du réchauffement climatique. C'est bête à pleurer. Ces nomades ont organisé toute leur société autour des troupeaux qu'ils convoient. Le réchauffement climatique empêche la pluie de tomber, l'herbe de pousser, les bêtes de se nourrir. De là, impossible pour ces hommes de subsister, de se marier, de procéder aux cérémonies rituelles. Ils me parlent de tout, des dieux qui cohabitent avec le dieu des blancs, des vaches, qu'ils aiment vraiment, de leurs femmes, qui sont belles et qui leur manquent, de Roger le photographe, qui les a compris. Petit détail amusant, ils me demandent de décortiquer les écrevisses au dîner, pour qu'ils puissent dire à leur tribu qu'ils ont mangé du scorpion. Pour eux, c'est pareil. Mais ils ne mangeront pas de viande au buffet, par solidarité envers leurs familles qui n'en ont pas. Ils trouvent que les blancs mangent trop, qu'il y a trop de choses sur le buffet. Ils ont raison.
Et je vous recommande bien entendu d'aller voir l'exposition de photos de Roger Job, plus de détails ici et surtout ici.
Étape 3, nous partons de grand matin pour la Suisse. Je fais des photos des garçons à la douane, parce que personne ne veut croire que nous faisons un truc aussi absurde que d'aller à un souper aux moules chez les Helvètes. Pourtant, la preuve.
L'autre information fun que j'ai oublié de vous communiquer, c'est que nous logions dans un abri antiatomique. Je dois d'ailleurs vous avouer que c'est en partie ce qui a motivé notre décision d'y aller. Et nous n'avons pas été déçus.
Dans l'abri antiatomique
Pour vous prouver que nous avons mis notre séjour à profit pour nous cultiver et découvrir les techniques agricoles locales, voici le dénommé "canon à merde" dont le principe m'est encore obscur sous certains aspects, mais qui consiste principalement à récupérer les déjections bovines dans l'étable et à les projeter sous forme de jet dans un bac adéquat situé au fond du jardin. Nous ne l'avons (malheureusement ?) pas vu en action.



Les vignes de Müller, dit Mumu, qui ne cultive que des bonnes choses, et à la main, s'il-vous-plaît.




Et tout ça n'aurait pas été complet sans l'inattendu mais inévitable concert de Cor des Alpes, évidemment.



Et maintenant ? Ben maintenant, c'est plus les vacances, donc on prend un repos bien mérité (jusqu'à la prochaine fois !), mais bien sûr pas avant de vous avoir donné les bonnes adresses repérées au cours de ces pérégrinations, ce ne serait pas un vrai travel post sinon. Si vous passez par là, vous serez donc contents de vous rendre :
- À Pornichet (Loire-Atlantique), chez Parfum de Plage. Les pieds dans le sable, les yeux dans la mer, vous voudrez sans doute goûter les huîtres (qui sont forcément fraîches du jour) avant d'entamer les merveilleuses moules à la Nantaise. Le Muscadet y est frais, le personnel très sympathique, et la table est goûteuse. Rien à redire, sinon qu'on y retournerait bien. Pour y accéder, c'est par ici ;
- Au Crotoy (Baie de Somme), Chez Mado. Alors là, je vous le dis tout de suite, n'espérez pas y aller sans réserver (03.22.27.81.22), c'est toujours complet, et pour une sacrée bonne raison : la cuisine y est excellente. N'hésitez pas à choisir le menu découverte, qui outre une entrée fort sympathique propose l'agneau des prés salés dans son jus de thym avec de la salicorne (photo), en un mot, c'est divin ! Le Crotoy, c'est tout petit, si je vous dis que le resto est face à la Baie, vous ne pourrez le rater qu'avec beaucoup de mauvaise volonté ;
- À Saint-Germain-des-Prés (Paris), chez Yushi, pour ceux qui "aiment bien la cuisine française mais c'est pas parce qu'on est à Paris qu'on mangerait pas autre chose" et qui du coup mangeraient bien japonais. Chez Yushi, c'est bon, le poisson est frais, bien que le menu soit sans surprise, à savoir les habituelles soupes miso, sushi, maki et autres saté, mais l'un dans l'autre, on est bien content quand on sort, d'autant plus que si les plats sont copieux, l'addition, elle, est légère (à 100m du métro Saint-Germain-des-Prés, 7 rue des Ciseaux, 6e arrondissement) ;
- À Bruges, à la Taverne Brugeoise, où le champagne est démodé mais où on sert un très bon Saint-Émilion à un prix étrangement abordable. Je vous recommande la pièce de bœuf, toujours un bon investissement. Juste en face du Beffroi, impossible de le louper ;
- Du même coup, à Bruges toujours, je vous recommande l'hôtel Goezeput (idéalement situé à la Goezeputstraat) qui offre des suites fort appréciables au même prix des chambres de certains hôtels moins bien cotés. L'accueil y est cordial, et le petit-déj', sans être titanesque, satisfait pleinement son homme (et sa femme) ;
- Et enfin, si vous passez du côté de Gilly (en Suisse hein!) ne manquez pas de vous arrêter au Domaine de la Friponnière pour acheter quelques bouteilles d'un vin blanc capiteux qui ne vous fera pourtant pas mal aux cheveux le lendemain. Dites que vous venez de Belgique et saluez Mumu pour nous, qui sait, il vous réservera peut-être une de ces interminables dégustations dont il a le secret.

Et pour conclure, la B.O. de tout ça : Beyond Here Lies Nothin de Bob Dylan, bien à l'image de son concert, l'insupportable sifflement du Mur de l'Atlantique dont Sacha nous a gratifiés pendant quatre jours à Nantes, Angel of Harlem de U2 pour l'Homme, Wendouche et Lolo, Complicated d'Avril Lavigne, parce que ça nous a fait rire dans les cols des Vosges, et puis Dance me to the End of Love de Leonard Cohen, pour le plaisir.
Á bientôt !

Une Madone de Loreto anonyme, que je préfère pourtant à celle, toute proche, de Michel-Ange qui trône à Onze-Lieve-Vrouw
Hé oui, c'est aussi ça, la grande classe brugeoise

Et puis, comment aller à Bruges sans passer par le tranquille Minnewater ?Et puis, je me suis offert l'appareil dont je rêvais, donc j'ai fait quelques photos, cela va de soi.
Ensuite vinrent quelques jours en Baie de Somme, région charmante s'il en est, mais dont il ne faut surtout pas ignorer que :
1- Les habitants sont aussi sympathiques qu'un sac de marteaux, et je ne plaisante pas. Si vous êtes des habitués des plages où le touriste est roi, oubliez ça tout de suite. L'autochtone grogne et s'exprime par onomatopées dans les restaurants à moins de cinquante euros la personne, boissons non comprises. C'est tout dire.
2- Oui, il y a des phoques en Baie de Somme. MAIS, et c'est un grand "mais", on ne peut pas les voir à l'œil nu parce qu'ils sont loin. Très loin. Sauf quand on a un peu de pot, mais du coup, on ne voit que leur tête. Vous me direz, c'est déjà ça. Puis un phoque sans tête, ça fait tache.





De là, puisque nous passions des vacances bien tranquilles, nous étions encore bien loin de nous attendre au marathon qui suivrait. Et je pèse mes mots quand je vous parle de marathon. Entendons-nous bien, je suis le genre de personne à qui il n'arrive jamais rien. Si je décidais d'aller jouer à colin-maillard sur des rails de Chemin de fer, la SNCB déciderait une grève. Quoiqu'il en soit, même s'il ne m'arrive jamais rien, il se fait qu'une fois tous les trois ans, les planètes s'alignent de telle façon que tout arrive en même temps. Ceci dit, c'est très insidieux, un arrangement après l'autre, puis on se rend compte que ça va être la course.
Que je vous explique. Il y a un peu plus d'un an, nous avons acheté nos places pour U2. Autant vous dire tout de suite que, sans exagérer, nous étions franchement extatiques. Le concert étant prévu pour le 23 septembre, nous avions tout le temps de décliner tout autre engagement qui tomberait ce jour-là. Ce jour-là, oui, mais les jours suivants ?
Épisode deux : en juillet, lors d'un barbecue TRÈS arrosé chez mon cousin Michel (oui, presque tous mes cousins s'appellent Michel, c'est comme ça), quelqu'un lance l'idée d'aller bouffer des moules en Suisse ("pourquoi un souper moules en Suisse", me demanderez-vous, c'est une bien longue histoire que je vous raconterai une autre fois). Si. Évidemment, vu l'état éthylique général, l'Homme et moi trouvons que c'est une bonne idée. Ben oui. En plus c'est original. C'est pas tout le monde qu'il va bouffer des moules en Suisse. Après avoir dessaoulé, nous restons très fermes sur cette idée, et proposons à Sacha (vous voyez que TOUS mes cousins ne s'appellent pas Michel) et à Alex de se joindre à nous. Ce devait être le weekend suivant le concert de U2, nous avions donc toute une journée pour nous remettre avant de prendre la route.
MAIS ça, c'était avant l'épisode trois, à savoir un petit mail du Musée de la Photographie me demandant si je veux bien faire l'interprétation des deux guides de Roger Jobs, à savoir des Turkanas qui parlent uniquement anglais, et turkana, forcément. D'abord, à une interprétation, on ne dit pas non, et ensuite, ils sont toujours tellement aux petits soins au Musée avec moi, que même s'ils me demandaient d'aller nettoyer les vitres de la nouvelle aile, j'irais.
On s'est dit que ce serait donc juste une question d'organisation, et que tout irait bien. De fait, tout va bien.
Ainsi, voici l'étape 1 du marathon. Je crois qu'on ne s'en remettra jamais. Si Wendouche passe par ici, elle confirmera bien volontiers. Cela faisait des années qu'on attendait ça, sans jamais parvenir à décrocher le précieux sésame, et nous voilà au troisième rang du Stade Roi Baudouin, avec Bono juste sous le nez. Jeez !
Et je vous recommande bien entendu d'aller voir l'exposition de photos de Roger Job, plus de détails ici et surtout ici.
Étape 3, nous partons de grand matin pour la Suisse. Je fais des photos des garçons à la douane, parce que personne ne veut croire que nous faisons un truc aussi absurde que d'aller à un souper aux moules chez les Helvètes. Pourtant, la preuve.
L'autre information fun que j'ai oublié de vous communiquer, c'est que nous logions dans un abri antiatomique. Je dois d'ailleurs vous avouer que c'est en partie ce qui a motivé notre décision d'y aller. Et nous n'avons pas été déçus.
Dans l'abri antiatomique
Pour vous prouver que nous avons mis notre séjour à profit pour nous cultiver et découvrir les techniques agricoles locales, voici le dénommé "canon à merde" dont le principe m'est encore obscur sous certains aspects, mais qui consiste principalement à récupérer les déjections bovines dans l'étable et à les projeter sous forme de jet dans un bac adéquat situé au fond du jardin. Nous ne l'avons (malheureusement ?) pas vu en action.

Les fameuses et inénarrables moules préparées par les bons soins de Dori
Une autre chose que nous ignorions jusque là sur cette région de Suisse, c'est qu'ils sont TOUS vignerons. Et qu'une coutume locale veut qu'on ait toujours une bouteille de pinard sur soi pour le cas où on rencontrerait quelqu'un. Ça vous donne une idée de la culture locale. Donc, en gros, c'est vin blanc pour l'apéro du petit-déjeuner, l'apéro du dîner, le dîner, l'apéro du casse-croûte de 16h, le casse-croûte de 16h, l'apéro du soir et le souper. Autant dire qu'à partir de là, nous en avons conclu que la Suisse savait s'amuser.
Les vignes de Müller, dit Mumu, qui ne cultive que des bonnes choses, et à la main, s'il-vous-plaît.



Et tout ça n'aurait pas été complet sans l'inattendu mais inévitable concert de Cor des Alpes, évidemment.



Et maintenant ? Ben maintenant, c'est plus les vacances, donc on prend un repos bien mérité (jusqu'à la prochaine fois !), mais bien sûr pas avant de vous avoir donné les bonnes adresses repérées au cours de ces pérégrinations, ce ne serait pas un vrai travel post sinon. Si vous passez par là, vous serez donc contents de vous rendre :
- À Pornichet (Loire-Atlantique), chez Parfum de Plage. Les pieds dans le sable, les yeux dans la mer, vous voudrez sans doute goûter les huîtres (qui sont forcément fraîches du jour) avant d'entamer les merveilleuses moules à la Nantaise. Le Muscadet y est frais, le personnel très sympathique, et la table est goûteuse. Rien à redire, sinon qu'on y retournerait bien. Pour y accéder, c'est par ici ;
- Au Crotoy (Baie de Somme), Chez Mado. Alors là, je vous le dis tout de suite, n'espérez pas y aller sans réserver (03.22.27.81.22), c'est toujours complet, et pour une sacrée bonne raison : la cuisine y est excellente. N'hésitez pas à choisir le menu découverte, qui outre une entrée fort sympathique propose l'agneau des prés salés dans son jus de thym avec de la salicorne (photo), en un mot, c'est divin ! Le Crotoy, c'est tout petit, si je vous dis que le resto est face à la Baie, vous ne pourrez le rater qu'avec beaucoup de mauvaise volonté ;
- À Saint-Germain-des-Prés (Paris), chez Yushi, pour ceux qui "aiment bien la cuisine française mais c'est pas parce qu'on est à Paris qu'on mangerait pas autre chose" et qui du coup mangeraient bien japonais. Chez Yushi, c'est bon, le poisson est frais, bien que le menu soit sans surprise, à savoir les habituelles soupes miso, sushi, maki et autres saté, mais l'un dans l'autre, on est bien content quand on sort, d'autant plus que si les plats sont copieux, l'addition, elle, est légère (à 100m du métro Saint-Germain-des-Prés, 7 rue des Ciseaux, 6e arrondissement) ;
- À Bruges, à la Taverne Brugeoise, où le champagne est démodé mais où on sert un très bon Saint-Émilion à un prix étrangement abordable. Je vous recommande la pièce de bœuf, toujours un bon investissement. Juste en face du Beffroi, impossible de le louper ;
- Du même coup, à Bruges toujours, je vous recommande l'hôtel Goezeput (idéalement situé à la Goezeputstraat) qui offre des suites fort appréciables au même prix des chambres de certains hôtels moins bien cotés. L'accueil y est cordial, et le petit-déj', sans être titanesque, satisfait pleinement son homme (et sa femme) ;
- Et enfin, si vous passez du côté de Gilly (en Suisse hein!) ne manquez pas de vous arrêter au Domaine de la Friponnière pour acheter quelques bouteilles d'un vin blanc capiteux qui ne vous fera pourtant pas mal aux cheveux le lendemain. Dites que vous venez de Belgique et saluez Mumu pour nous, qui sait, il vous réservera peut-être une de ces interminables dégustations dont il a le secret.

Et pour conclure, la B.O. de tout ça : Beyond Here Lies Nothin de Bob Dylan, bien à l'image de son concert, l'insupportable sifflement du Mur de l'Atlantique dont Sacha nous a gratifiés pendant quatre jours à Nantes, Angel of Harlem de U2 pour l'Homme, Wendouche et Lolo, Complicated d'Avril Lavigne, parce que ça nous a fait rire dans les cols des Vosges, et puis Dance me to the End of Love de Leonard Cohen, pour le plaisir.
Á bientôt !










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